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La Russie entrave les négociations de paix : elle a déclaré que le plan ukrainien “diffère radicalement” de sa proposition

by Nicolas Lefèvre

Publié le 26 décembre 2025 à 20h43. La Russie et les États-Unis ont renoué le dialogue après l’analyse du nouveau plan de paix ukrainien, tandis que Moscou juge ce projet radicalement différent de ses propres propositions de négociations. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Ryabkov souligne l’importance de la volonté politique de Kiev et de ses alliés pour parvenir à un accord.

  • La Russie estime que le plan de paix ukrainien diverge considérablement de ses propres propositions, basées sur 27 points.
  • Le vice-ministre russe Sergueï Ryabkov met en avant la nécessité d’une volonté politique de l’Ukraine et de ses partenaires européens pour une solution pacifique.
  • Des contacts ont été rétablis entre la Russie et les États-Unis pour discuter du plan de paix ukrainien.

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Ryabkov, a déclaré que le plan de paix en 20 points présenté par l’Ukraine diffère fondamentalement du document en 27 points que Moscou tente de négocier avec Washington depuis plusieurs semaines.

« Nous savons que ce plan, si l’on peut l’appeler ainsi, diffère radicalement des 27 points sur lesquels nous avons travaillé avec la partie américaine ces dernières semaines, depuis début décembre. »

Sergueï Ryabkov, vice-ministre russe des Affaires étrangères

Ryabkov a évoqué le projet présenté par le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, diffusé cette semaine dans les médias ukrainiens, qui mentionne notamment la possibilité d’un retrait des forces armées ukrainiennes de la région du Donbass en échange du retrait des troupes russes de la zone.

Le vice-ministre a souligné qu’un éventuel accord dépend de « la volonté politique » de l’Ukraine et de ses partenaires européens, qu’il accuse de ne pas s’engager en faveur d’une solution pacifique au conflit. Il a averti qu’il ne sera pas possible de parvenir à un accord final sans une résolution adéquate des causes profondes de la crise, et a critiqué les « délais artificiels » qui, selon lui, ne favorisent pas les négociations.

Quelques heures auparavant, le Kremlin avait annoncé la reprise des contacts avec les États-Unis après avoir examiné le plan de paix modifié par l’Ukraine et ses alliés européens.

« À la demande du président (Vladimir) Poutine, il y a eu un contact entre les représentants de l’administration russe et américaine. »

Dmitri Peskov, porte-parole présidentiel russe

Le conseiller en politique internationale du Kremlin, Youri Ouchakov, a participé aux discussions du côté russe, tandis que du côté américain, « plusieurs interlocuteurs » ont été impliqués. Les deux parties se sont accordées à poursuivre le dialogue.

Lors de sa conférence de presse annuelle, le président russe Vladimir Poutine avait déclaré qu’il n’avait jamais rejeté le plan présenté par l’ancien président américain Donald Trump et avait estimé qu’il incombait désormais à Kiev et à ses alliés de passer à l’étape suivante. Il avait réitéré la demande d’un retrait ukrainien du Donbass et avait affirmé que le seul moyen d’éviter de futures opérations militaires en Europe, comme celle en cours en Ukraine, était de respecter les intérêts de sécurité de la Russie.

Volodymyr Zelensky a révélé la veille de Noël certains points du projet de plan préparé par Kiev. Selon ses explications, le document préserve l’indépendance de l’Ukraine, comprend des garanties de sécurité, réaffirme l’intérêt du pays pour l’intégration européenne et envisage la renonciation au stockage d’armes nucléaires, tout en laissant la porte ouverte à des modifications au fur et à mesure de l’avancement des négociations.

Le plan en 20 points propose notamment un pacte de non-agression entre la Russie et l’Ukraine, qui serait supervisé par un mécanisme de surveillance et soutenu par des garanties de sécurité, incluant le maintien d’une armée ukrainienne forte de 800 000 hommes et des engagements contraignants de la part des États-Unis et d’autres alliés pour fournir une défense équivalente à l’article 5 de l’OTAN.

Concernant les revendications territoriales russes, Zelensky a reconnu que deux options étaient à l’étude : le gel de la ligne de front actuelle, privilégié par Kiev, ou la création d’une ou plusieurs zones économiques dans la partie de la région de Donetsk que l’Ukraine contrôle encore mais que Moscou revendique, une alternative qui ne serait envisagée que lorsque Kiev aurait obtenu des garanties de sécurité suffisantes.

Dans ce contexte, Donald Trump envisage de recevoir Volodymyr Zelensky ce dimanche à sa résidence de Floride, après que le président ukrainien ait assuré qu’un accord pourrait être trouvé « bien avant le Nouvel An ».

(Avec informations d’Europa Press/EFE)

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