Publié le 7 janvier 2026 à 22h35. Geddy Lee, le bassiste et chanteur emblématique du groupe Rush, a récemment révélé avoir toujours eu un regard critique sur l’un des plus grands succès de son groupe, la chanson titre de l’album Fly by Night. Malgré sa popularité auprès des fans, Lee considère ce morceau comme l’un des plus kitsch de leur répertoire.
- Geddy Lee estime que la chanson titre de l’album Fly by Night est trop sirupeuse et ringarde.
- Rush a dû surmonter ses influences initiales, notamment celles de Led Zeppelin, pour trouver son propre son progressif.
- Le groupe a bénéficié d’une liberté créative exceptionnelle, notamment après le succès de l’album 2112.
Pour tout groupe de rock, la liberté artistique dont a joui Rush est un rêve. Les Canadiens ont failli sombrer dans l’oubli au cours des années 1970 avant que 2112 ne relance leur carrière. Cette liberté de faire presque tout ce qu’ils voulaient en studio était un véritable sésame créatif à chaque enregistrement. Ils ont dû faire leurs preuves avant d’en arriver là, et Lee n’appréciait pas forcément tout ce que le groupe avait produit avant d’atteindre la maturité de ses œuvres progressives.
Même si Rush a toujours suivi sa propre voie, tout n’était pas parfait. Même sur des albums réussis comme Vapor Trails, il est parfois difficile d’écouter le pressage original sans être assailli par le volume sonore. Des défauts subsistent, mais ils deviennent plus apparents en remontant dans le temps.
Au début de leur carrière, Rush a dû se débarrasser de l’influence omniprésente de Led Zeppelin. Lee possédait certes la capacité de chanter avec la même puissance que Robert Plant, mais les paroles des premiers albums manquaient de la profondeur que Neil Peart allait apporter. Les textes du batteur demandent un certain effort d’appréciation, mais ils sont bien supérieurs aux paroles simplistes sur le sexe que l’on retrouve dans des titres comme « Need Some Love » ou « In the Mood ».
Si l’on compare les débuts du groupe à l’album Fly by Night, on a l’impression d’écouter deux formations différentes. Leur fascination pour des groupes comme Yes a fini par devenir leur plus grande force. Même s’ils ont connu des moments de doute, il était préférable de prendre des risques avec des morceaux comme « By Tor and the Snow Dog » et « Anthem » plutôt que de s’en tenir à des riffs blues traditionnels.
Cependant, Lee reprochait à l’album Fly by Night sa chanson titre. Malgré un refrain accrocheur, il la considérait comme l’une de leurs compositions les plus kitsch, comme il l’a expliqué :
« Je sais que cette chanson est très appréciée aujourd’hui, mais elle a toujours été l’une de mes chansons de Rush les moins préférées. Elle me semble un peu bizarre. À mon goût, il y avait quelque chose de trop sucré, de trop ringard dans le refrain. J’ai dû l’aimer un peu quand nous l’avons terminée, sinon elle n’aurait pas figuré sur l’album, mais elle ne m’a jamais vraiment conquis. »
En toute honnêteté, cette chanson représente un compromis idéal pour le groupe à ce stade de son évolution. Ils ne reviendraient jamais à l’époque de « Working Man », mais un refrain aussi puissant leur offrait au moins une chance d’être diffusés à la radio, même si le titre n’a atteint que la 180e place des charts avant de disparaître. Il y a néanmoins quelque chose de charmant dans son côté kitsch.
Le problème de Lee concernait davantage la mélodie, mais les paroles de Peart ne sont pas non plus exceptionnelles. Si l’on trouve quelques passages intéressants, comme le pont mélancolique, les textes du batteur donnent l’impression d’une bande originale pour un dessin animé relatant une quête dans des terres inconnues, compte tenu de l’ampleur des univers qu’il allait créer dans le reste du catalogue de Rush.
Ce thème aurait été bien mieux exploré dans des morceaux comme « The Camera Eye » de Moving Pictures, mais le côté kitsch de la chanson lui confère un certain charme. Quoi qu’il en soit, le groupe était encore en train de trouver sa voie, et même si ce n’était pas leur meilleur travail, cela constitue une belle introduction à ce qu’ils allaient devenir avec le temps.
