Publié le 14 décembre 2024 à 16h30. Face à une dégradation du contexte géopolitique, la Suisse entame une refonte de sa stratégie de sécurité, axée sur le renforcement de sa résilience et de ses capacités de défense, avec une inquiétude grandissante quant à une possible escalade des tensions en Europe.
- Le gouvernement suisse lance une consultation publique sur une nouvelle stratégie de sécurité nationale.
- Cette stratégie s’articule autour de trois priorités stratégiques, comprenant plus de quarante actions concrètes.
- Des experts mettent en garde contre un affaiblissement du soutien américain à l’Europe et une possible intensification des activités russes d’ici 2028.
Le Conseil fédéral suisse a annoncé ce vendredi 12 décembre le lancement de consultations concernant une nouvelle stratégie de politique de sécurité. Cette initiative fait suite à une évaluation de la situation sécuritaire, jugée en « détérioration », et vise à adapter le pays aux menaces croissantes, tant au niveau national qu’international.
La nouvelle stratégie, dont la décision d’élaboration remonte à juin 2024, s’appuie sur les conclusions d’un rapport publié en septembre 2022, qui analysait déjà les conséquences de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Le gouvernement suisse entend répondre à ces défis en renforçant la résilience du pays, en améliorant les mesures de protection et de prévention, et en augmentant ses capacités de défense.
Le document stratégique définit trois priorités principales, déclinées en dix objectifs et plus de quarante actions spécifiques. La période de consultation publique s’étend jusqu’au 31 mars 2026, et le Conseil fédéral s’engage à mettre en œuvre la nouvelle stratégie immédiatement après son adoption.
L’évolution de la situation en Europe est au cœur des préoccupations exprimées dans ce nouveau cadre stratégique. Łukasz Olejnik, chercheur indépendant et consultant en cybersécurité, a commenté cette initiative, soulignant une crainte grandissante quant à l’avenir de la sécurité européenne.
« La Suisse entend déclarer officiellement et ouvertement dans un document officiel et stratégique qu’à partir de 2028, l’Europe peut se trouver dans une situation difficile car : (1) d’ici là, elle ne sera pas encore pleinement développée en termes de ses propres capacités de défense, (2) ne pourra plus compter pleinement sur le soutien américain, (3) la Russie continuera à développer son économie de guerre, (4) dans cette phase, la Russie pourrait intensifier ses activités hybrides et attaquer d’autres pays d’Europe. »
Łukasz Olejnik, chercheur indépendant et consultant en cybersécurité
Cette analyse est corroborée par les inquiétudes exprimées par le parlementaire britannique Mike Martin, qui déplore un manque de préparation face à cette menace potentielle.
« Les historiens écriront à ce sujet dans un chapitre intitulé ‘La marche vers la guerre en Europe’. Le gouvernement a promis au Royaume-Uni un débat national sur la défense et la sécurité… et à la place, nous avons le silence et des coupes budgétaires. C’est un manquement total à notre devoir. »
Mike Martin, parlementaire britannique
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Sources : Gouvernement fédéral suisse, Łukasz Olejnik sur X, Mike Martin sur X
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