Publié le 13 janvier 2024 13h08. Marine Le Pen conteste devant la cour d’appel de Paris une interdiction de cumul de mandats qui pourrait compromettre sa candidature à l’élection présidentielle de 2027, après une condamnation pour détournement de fonds européens.
- Marine Le Pen conteste une interdiction de cumul de mandats de cinq ans.
- L’affaire concerne des accusations de détournement de fonds européens au profit de son parti, le Rassemblement national (RN).
- Jordan Bardella, président du RN, a annoncé qu’il briguerait le poste de Premier ministre et non la présidence.
L’avenir politique de Marine Le Pen se joue devant la cour d’appel de Paris. L’audience, débutée ce lundi 8 janvier, doit examiner son appel contre une condamnation prononcée l’année dernière pour détournement de fonds européens. Si l’interdiction de cumul de mandats est confirmée, la dirigeante du Rassemblement national (RN) ne pourra pas se présenter à l’élection présidentielle de 2027.
Avant d’entrer au tribunal, Marine Le Pen s’est dite « pleine d’espoir » quant à l’issue de cette procédure. L’affaire remonte à des accusations selon lesquelles plus de vingt responsables du RN, dont Marine Le Pen, auraient employé des assistants parlementaires qui travaillaient en réalité pour les activités du parti, et non pour le Parlement européen qui finançait leurs salaires. La juge Bénédicte de Perthuis avait estimé que Marine Le Pen était au « cœur du système » ayant conduit au détournement de 2,9 millions d’euros (2,5 millions de livres sterling).
Lors du procès initial, Marine Le Pen avait été condamnée à quatre ans de prison, dont deux ans avec sursis, et à une peine de prison ferme aménageable avec un bracelet électronique. Elle avait également écopé d’une amende de 100 000 € (82 635 £) et de l’interdiction d’exercer une fonction publique « avec effet immédiat ». Le RN avait été condamné à une amende de 2 millions d’euros, dont la moitié avec sursis. Plus de vingt autres membres du parti avaient également été reconnus coupables.
Onze anciens collaborateurs de Marine Le Pen participent à cet appel, tandis que douze ont choisi de ne pas contester le jugement initial, dont sa sœur, Yann Le Pen, condamnée à un an de prison avec sursis. L’audience, qui se poursuivra jusqu’au 12 février, ne devrait cependant rendre son verdict qu’au cours de l’été.
Plusieurs scénarios sont possibles. Marine Le Pen espère obtenir l’annulation pure et simple du verdict. À défaut, elle pourrait voir l’interdiction de cumul de mandats réduite à une durée lui permettant de se présenter à l’élection présidentielle de mars 2027. Une autre possibilité serait que la cour d’appel confirme la culpabilité mais supprime la clause d’effet immédiat, ce qui lui permettrait de se présenter tout en faisant appel devant la Cour de cassation. Enfin, une confirmation du jugement initial, voire un alourdissement de la peine, la priverait définitivement de la possibilité de briguer la présidence de la République.
Jordan Bardella, le président du Rassemblement national, a annoncé qu’il ne se présenterait pas à l’élection présidentielle de 2027, mais qu’il briguerait le poste de Premier ministre. Il a déclaré que l’exclusion de Marine Le Pen des élections serait
« profondément inquiétante pour la démocratie. »
Jordan Bardella, président du Rassemblement national
Un sondage d’opinion publié par Le Monde à la veille de l’appel suggère que Jordan Bardella pourrait avoir de meilleures chances de remporter l’élection présidentielle que Marine Le Pen (49% contre 18%). Marine Le Pen s’est déjà qualifiée deux fois pour le second tour d’une élection présidentielle, et ses partisans estiment qu’elle a une chance de gagner si elle est autorisée à se présenter.
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