Publié le 2025-12-02 04:52:00. L’Assemblée générale des Nations unies a adopté plus de 60 résolutions axées sur le désarmement et la sécurité internationale, mettant en lumière les préoccupations croissantes concernant l’intelligence artificielle, les armes nucléaires et la militarisation de l’espace. Ces décisions interviennent dans un contexte mondial marqué par des tensions géopolitiques et l’effritement des accords de contrôle des armements.
- L’Assemblée générale a adopté une résolution exigeant le maintien d’un contrôle humain sur les systèmes de commandement nucléaires intégrant l’intelligence artificielle.
- Plusieurs textes adoptés mettent en garde contre une course aux armements dans l’espace et appellent à la prévention de la militarisation des activités spatiales.
- Les discussions ont également porté sur la situation au Moyen-Orient, avec un appel à la création d’une zone exempte d’armes nucléaires dans la région.
Les travaux de la Première Commission de l’Assemblée générale, consacrée au désarmement et à la sécurité internationale, se sont conclus un jour plus tôt que prévu, grâce à une gestion rigoureuse du temps et à une rationalisation des procédures. La rapporteuse Ana Avila (Costa Rica) a souligné que cette efficacité n’a pas entamé l’intérêt pour les questions cruciales de désarmement et de sécurité. Au cours de la session, 156 délégations ont pris la parole lors du débat général – trois de plus que l’année précédente – et 471 interventions ont été enregistrées lors des discussions thématiques, contre 435 en 2024.
Au total, 63 projets de résolution et de décision ont été adoptés, dont 49 ont fait l’objet d’un vote enregistré. Seuls 14 projets ont été adoptés sans vote, témoignant des divergences persistantes entre les États membres. 160 votes ont été nécessaires sur des propositions ou des parties de celles-ci, illustrant la difficulté d’atteindre un consensus sur ces questions sensibles.
L’intégration de l’intelligence artificielle dans les systèmes d’armement a été au cœur des débats. Le projet de résolution sur les « Risques possibles liés à l’intégration de l’intelligence artificielle dans les systèmes de commandement, de contrôle et de communication des armes nucléaires » (A/C.1/80/L.56) a été adopté par 118 voix pour, 9 contre (Argentine, Burundi, République centrafricaine, République populaire démocratique de Corée, France, Israël, Fédération de Russie, Royaume-Uni et États-Unis) et 44 abstentions. L’Assemblée générale a ainsi exigé que, en attendant l’élimination totale des armes nucléaires, « le contrôle et la surveillance humains soient maintenus sur les systèmes de commandement, de contrôle et de communication des armes nucléaires, y compris ceux qui intègrent la technologie de l’intelligence artificielle ».
Un autre texte, intitulé « L’intelligence artificielle dans le domaine militaire et ses implications pour la paix et la sécurité internationales » (A/C.1/80/L.46), a été adopté par 167 voix pour, 5 contre (Burundi, États-Unis, Fédération de Russie, Israël, République populaire démocratique de Corée) et 5 abstentions (Arabie saoudite, Argentine, Biélorussie, Iran, Nicaragua). L’Assemblée a décidé d’organiser des échanges informels à Genève pour permettre aux États de partager leurs points de vue sur les opportunités et les défis liés à l’IA militaire, ainsi que sur les propositions normatives existantes et émergentes.
La question de la course aux armements dans l’espace a également suscité de vives préoccupations. Le projet de résolution « Prévention d’une course aux armements dans l’espace » (A/C.1/80/L.3) a été adopté par 177 voix pour, 2 contre (Israël, États-Unis) et 1 abstention (Ukraine). Le texte appelle tous les États, en particulier ceux dotés de grandes capacités spatiales, à contribuer à l’utilisation pacifique de l’espace extra-atmosphérique et à s’abstenir de toute action susceptible de compromettre la paix et la sécurité internationales.
D’autres résolutions adoptées concernent les mesures de transparence et de confiance dans les activités spatiales (A/C.1/80/L.36) et l’interdiction du placement d’armes dans l’espace (A/C.1/80/L.37). Ces textes soulignent la nécessité d’une approche multilatérale pour prévenir la militarisation de l’espace et garantir son utilisation pacifique.
En ce qui concerne le Moyen-Orient, l’Assemblée générale a réitéré son appel à la création d’une zone exempte d’armes nucléaires dans la région (A/C.1/80/L.1), adoptée par 173 voix pour, 3 contre (États-Unis, Argentine, Israël) et 3 abstentions (Cameroun, Fidji, Paraguay). Elle a également souligné l’importance de l’adhésion d’Israël au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires et du placement de toutes ses installations nucléaires sous les garanties de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
Enfin, l’Assemblée a adopté une résolution sur les systèmes d’armes létaux autonomes (A/C.1/80/L.41), adoptée par 164 voix pour, 6 contre (Arabie saoudite, Biélorussie, Burundi, États-Unis, Fédération de Russie, Israël, République populaire démocratique de Corée) et 7 abstentions (Argentine, Chine, Iran, Nicaragua, Pologne, Turquie), soulignant la nécessité d’une approche multilatérale pour répondre aux défis posés par ces armes.
Pour une couverture complète des débats, consultez le site web de l’ONU.