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L’attitude du public à l’égard du contenu « offensant » change

by Antoine Girard

Publié le 30 octobre 2024 à 15h48. Une étude du régulateur irlandais des médias révèle un changement d’attitude du public face aux contenus jugés nuisibles ou offensants, notamment sous l’influence de la banalisation de certains thèmes sur Internet.

  • La majorité des adultes interrogés ne s’inquiètent pas de rencontrer des contenus potentiellement choquants en ligne.
  • Les femmes expriment plus souvent que les hommes des préoccupations à ce sujet.
  • Internet semble avoir modifié la perception de la nudité et du contenu sexuel, les rendant moins tabous.

L’étude, menée par le Coimisiún na Meán (Commission des médias irlandais), examine les perceptions des adultes et des enfants concernant les contenus susceptibles de causer un préjudice mental, psychologique ou physique, diffusés à la télévision, à la radio, au cinéma, et sur les plateformes de divertissement en ligne. Le rapport distingue le contenu « nuisible », susceptible de causer un préjudice réel, du contenu simplement « offensant », dont la perception est subjective.

Selon le rapport, il n’existe pas de « droit de ne pas être offensé », mais une « infraction injustifiée » survient lorsqu’un contenu est jugé excessivement choquant par un individu ou un groupe. Les types de contenus examinés incluent la violence, le contenu sexuel et la nudité, les comportements dangereux, et le langage grossier.

Près de 70 % des adultes interrogés se disent indifférents à la possibilité de rencontrer de tels contenus. Parmi ceux-ci, 62 % affirment ne pas être facilement offensés, et 47 % estiment que les programmes doivent refléter la réalité, avec ses aspects positifs et négatifs. Plus de la moitié des adultes estiment également que les fournisseurs de contenu et les autorités réglementaires contrôlent déjà efficacement ces contenus, ce qui contribue à leur tranquillité d’esprit.

Cependant, parmi les adultes exprimant des inquiétudes, 56 % se disent plus préoccupés par les « comportements dangereux ou nuisibles » et la « violence » que par le langage grossier. La majorité des adultes déclarent qu’ils continueraient à regarder les différents types de contenus, même après avoir été avertis de leur nature potentiellement choquante. Ils privilégient les classifications par âge comme moyen de protection du public, plutôt que les avertissements ou la surveillance des diffuseurs.

La toxicomanie est la forme de « comportement dangereux ou nuisible » qui suscite le plus d’inquiétudes, tandis que la violence graphique est le type de contenu violent le plus redouté. La télé-réalité est le genre le plus souvent cité comme source de préoccupation, suivie des séries dramatiques et de fiction.

Les parents se montrent plus inquiets que les non-parents (52 % contre 23 %). Ils expriment davantage de préoccupations concernant l’exposition de leurs jeunes enfants à ces contenus, considérant qu’ils restent les principaux « gardiens » du contenu auquel leurs enfants ont accès.

L’étude souligne l’influence d’Internet sur la perception des médias. Elle note que le mouvement #MeToo a pu modifier la façon dont les adultes interprètent les contenus sexuels et la nudité, certains considérant que ces thèmes ne sont plus aussi tabous qu’avant. Certains parents estiment même qu’une représentation saine et réaliste du contenu sexuel, dans un contexte consensuel, peut être éducative pour leurs enfants aînés. En revanche, les enfants signalent une exposition accrue à des contenus sexualisés et misogynes en ligne, notamment depuis la pandémie de COVID-19.

« Par exemple, le discours en ligne en relation avec le mouvement #MeToo semble avoir influencé la façon dont les adultes interprètent les médias qui incluent du contenu sexuel et de la nudité, et certains types de matériel potentiellement dangereux ou offensant ne semblent plus aussi tabous qu’ils l’étaient autrefois. »

Coimisiún na Meán

Les parents s’inquiètent également de l’impact des informations diffusées sur les réseaux sociaux, notamment des « détails graphiques » qui pourraient être « pénibles » et « inappropriés » pour les enfants. Ils se sentent d’autant plus démunis face à la viralité de l’information sur les réseaux sociaux.

L’étude révèle un décalage entre l’expérience médiatique des enfants et la perception qu’en ont leurs parents. Les enfants plus âgés déclarent être exposés à davantage de contenus violents, dangereux ou sexuels que ce que leurs parents pensent. Ils estiment être submergés par ce type de contenu. Ce décalage souligne la nécessité d’une meilleure communication entre les adultes et les enfants sur les contenus qu’ils consomment.

La recherche a été financée par le Coimisiún na Meán et le Bureau irlandais de classification des films, en collaboration avec le Bureau du Médiateur pour les enfants.

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