Publié le 18 novembre 2025 à 00h56. Une décision de justice ordonnant la confiscation d’hôtels rénovés et prospères à Băile Herculane, station thermale roumaine, menace de compromettre des années d’investissements privés et de relancer une image déjà ternie par le délabrement de nombreux bâtiments.
- La justice a ordonné la confiscation de 19 bâtiments à Herculane, dont des hôtels récemment rénovés et en pleine activité.
- Les propriétaires des hôtels confisqués ne sont pas directement impliqués dans l’affaire DIICOT, qui concerne des ventes aux enchères frauduleuses datant de plus de deux décennies.
- Cette décision pourrait freiner le développement touristique de la station et décourager les investissements futurs.
Băile Herculane, station thermale autrefois florissante, a connu une renaissance ces dernières années grâce à l’initiative privée. Alors que de nombreux bâtiments, hérités d’une époque révolue, sont restés à l’abandon, certains investisseurs ont réussi à redonner vie à la station en rénovant des hôtels et en attirant de nouveaux touristes. Ces efforts ont porté leurs fruits, avec des taux d’occupation atteignant 100 % pendant les périodes de vacances et l’organisation d’événements variés.
Privatisée en août 2001 sous le mandat de Dan Matei Agathon, alors ministre du Tourisme, la station a longtemps souffert du manque d’entretien et de la dégradation de ses infrastructures. Cependant, depuis plus d’une décennie, des investissements importants ont permis de sortir Băile Herculane de l’ombre et de la replacer sur la carte touristique roumaine. Ces investissements se sont concentrés notamment sur les espaces bien-être et les infrastructures thermales, héritage unique de la région.
L’affaire DIICOT, initialement destinée à mettre fin aux ventes aux enchères frauduleuses qui ont marqué la privatisation de la station, a pris une tournure inattendue avec la décision de justice ordonnant la confiscation des hôtels ayant bénéficié de ces investissements. Les hôtels Roman, Diana et Ferdinanda, parmi d’autres, sont concernés par cette mesure. Les propriétaires, bien que non impliqués dans les malversations initiales, se voient privés de leurs activités rentables et des actifs qu’ils ont développés au cours des dernières années.
Cette situation soulève des inquiétudes quant à l’avenir de la station et à la sécurité juridique des investissements en Roumanie. Des précédents existent, comme le cas de l’agence de voyages de l’épouse de Maricel Păcuraru ou celui de l’hôtel Ambasador à Bucarest, où des décisions de justice ont conduit à la confiscation d’entreprises prospères ou à des rétrocessions litigieuses. Les propriétaires des hôtels d’Herculane craignent désormais de voir leurs entreprises saisies et leurs hôtels fermés, tandis que les procédures judiciaires pour obtenir réparation pourraient s’étendre sur plus de dix ans.
La chaîne hôtelière Bacolux, propriétaire des hôtels Afrodita (4 étoiles) et Diana (3 étoiles), affichait un taux d’occupation complet pendant les vacances post-pandémiques. L’hôtel Afrodita, fruit d’un investissement majeur depuis 1990, a notamment contribué à attirer une clientèle diversifiée et à prolonger la saison touristique. L’hôtel Ferdinand, situé dans la partie historique de la station, a également été rénové et réintégré dans le circuit touristique, mettant en valeur sa piscine d’eau thermale construite sur les vestiges d’anciens thermes romains datant de plus de 2 000 ans.
L’hôtel Romain, vendu en 2010 à la société Casito Aerotransport SRL puis à Nicolae Căpuşan en 2017, a également bénéficié d’investissements importants pour sa rénovation et sa réouverture en tant qu’hôtel 5 étoiles. Ces transactions et ces investissements témoignent de l’attractivité de la station et de la volonté de relancer son potentiel touristique. La confiscation potentielle de ces hôtels, alors que leurs propriétaires n’ont aucun lien avec la fraude initiale, pourrait donc avoir des conséquences désastreuses pour l’économie locale et l’image de la Roumanie.
Parallèlement à ces développements, des campagnes de dénigrement ont été lancées pour véhiculer une image négative de Băile Herculane, présentant la station comme un lieu en ruine et délaissé. Ces campagnes visent à discréditer les efforts de rénovation et à justifier la confiscation des hôtels. La réalité est cependant bien différente, avec des investissements constants et une fréquentation touristique en hausse.
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