Publié le 14 novembre 2023 17:04:00. Une chanson générée par intelligence artificielle a atteint le sommet des classements musicaux américains, soulevant des inquiétudes quant à la protection des droits d’auteur et l’avenir des créateurs humains dans l’industrie musicale.
- La chanson « Walk My Walk », interprétée par l’artiste virtuel « Breaking Rust », est numéro un du classement Billboard Country Digital Song Sales.
- Des experts de l’industrie musicale s’interrogent sur l’attribution de la paternité des œuvres créées par IA et sur l’authenticité de la musique country.
- Une étude récente révèle que la plupart des auditeurs sont incapables de distinguer la musique créée par des humains de celle générée par l’intelligence artificielle.
Le succès fulgurant de « Walk My Walk » marque une nouvelle étape dans l’essor de la musique produite par intelligence artificielle. Selon USA Today et Euronews, la chanson a conquis la première place du Billboard Country Digital Song Sales, un classement qui mesure les téléchargements de chansons aux États-Unis. À ce jour, elle a accumulé plus de 3,5 millions d’écoutes sur la plateforme de streaming Spotify.
D’autres titres de « Breaking Rust », tels que « Livin’ on Borrowed Time » (4 millions d’écoutes) et « Whiskey Don’t Talk Back » (1 million d’écoutes), gagnent également en popularité. Ce n’est pas la première fois qu’un artiste virtuel se fait remarquer dans les charts américains. En septembre dernier, Jania Monet, une chanteuse R&B générée par IA, avait déjà atteint la troisième place du classement gospel avec « Let Go, Let Go », et la 20e place du Billboard avec « How Was I Supposed To Know ».
Aaron Ryan, rédacteur en chef de Whiskey Leap, un média spécialisé dans la musique country, a exprimé ses préoccupations à NPR :
« Le problème avec cette chanson, c’est qu’il est difficile de savoir qui l’a écrite. »
Aaron Ryan, rédacteur en chef de Whiskey Leap
Il souligne que l’industrie musicale country, attachée à l’authenticité de la composition et de l’interprétation, pourrait réagir négativement à cette nouvelle tendance.
Cependant, l’enthousiasme du public semble ne pas être affecté par l’origine artificielle de « Breaking Rust ». Les commentaires sur Instagram, où l’artiste partage ses créations, témoignent d’une appréciation sincère : « Ta voix est si bonne » ou encore « Tes talents d’écriture sont incroyables, j’ai hâte d’en entendre plus ». Certains fans ont même suggéré à l’artiste de se lancer dans une tournée.
Une étude menée par le service de streaming français Deezer et Ipsos auprès de 9 000 personnes dans huit pays a révélé que près de 97 % des participants n’étaient pas capables de distinguer la musique humaine de la musique générée par l’IA lors d’un test à l’aveugle.
L’essor des artistes IA soulève des questions cruciales concernant la protection du droit d’auteur et la pérennité des métiers de la création. En février dernier, plus de 1 000 artistes britanniques, dont Annie Lennox, Damon Albarn et le groupe Radiohead, ont publié un album silencieux intitulé « Is This What We Want ? », composé uniquement de sons de studios et de salles de concert vides, pour dénoncer les menaces que représente l’IA pour l’industrie musicale.
