Publié le 27 novembre 2025 à 05h37. Une fusillade visant des membres de la Garde nationale à Washington a relancé le débat sur l’immigration et l’utilisation de l’armée américaine sur le territoire national, alors que l’enquête se concentre sur l’auteur présumé, un ressortissant afghan arrivé aux États-Unis en 2021.
- Deux soldats de la Garde nationale de Virginie-Occidentale ont été grièvement blessés dans une embuscade à quelques pas de la Maison Blanche.
- L’auteur présumé, identifié comme Rahmanullah Lakanwal, un Afghan arrivé aux États-Unis dans le cadre du programme « Allies Welcome », a été arrêté après un échange de tirs.
- L’incident a provoqué une vive réaction de l’ancien président Donald Trump, qui a dénoncé un « acte de mal » et a promis de réexaminer les dossiers d’immigration des Afghans arrivés sous l’administration Biden.
L’attaque, survenue la veille de Thanksgiving, a semé l’inquiétude à Washington et a immédiatement conduit à un renforcement des mesures de sécurité autour de la Maison Blanche. Les services secrets ont placé les lieux sous haute surveillance, tandis que le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a annoncé le déploiement de 500 soldats supplémentaires de la Garde nationale, portant à plus de 2 000 le nombre de militaires mobilisés dans la capitale.
Selon les premiers éléments de l’enquête, les deux soldats blessés, membres de la Garde nationale déployés dans le cadre d’une mission de maintien de l’ordre controversée ordonnée par Donald Trump, effectuaient une patrouille de routine près d’une station de métro lorsqu’ils ont été pris pour cible. Le chef adjoint exécutif du département de la police métropolitaine de Washington, Jeff Carroll, a déclaré que l’agresseur avait ouvert le feu sans sommation. La fusillade s’est produite à midi dans une zone commerciale animée.
L’auteur présumé, Rahmanullah Lakanwal, est entré aux États-Unis en 2021 dans le cadre de l’opération « Allies Welcome », un programme mis en place par l’administration Biden pour accueillir les Afghans ayant collaboré avec les forces américaines pendant la guerre et craignant des représailles suite à la prise de pouvoir des talibans. Le ministère de la Sécurité intérieure (DHS) n’a pas divulgué de détails supplémentaires sur son parcours migratoire, mais un ancien responsable de l’administration Trump, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a révélé que M. Lakanwal avait déposé une demande d’asile en décembre 2024, qui avait été approuvée en avril 2025, soit trois mois après l’investiture de Donald Trump.
L’incident a immédiatement suscité une réaction politique virulente. Donald Trump a dénoncé un « acte de mal, un acte de haine et un acte de terreur », soulignant que l’auteur présumé était un Afghan ayant fui les talibans. Dans une déclaration vidéo préenregistrée, il a annoncé qu’il réexaminerait tous les dossiers d’immigration des Afghans arrivés aux États-Unis sous l’administration Biden. L’agence américaine des services de citoyenneté et d’immigration a annoncé la suspension indéfinie du traitement de toutes les demandes d’immigration concernant les ressortissants afghans, en attendant un examen plus approfondi des protocoles de sécurité.
Le vice-président JD Vance a quant à lui utilisé la fusillade pour justifier la politique d’immigration de l’administration Trump, appelant à un renforcement des contrôles et à l’expulsion des personnes en situation irrégulière.
« Nous devons redoubler d’efforts pour expulser les personnes qui n’ont pas le droit de résider dans notre pays. »
JD Vance, vice-président
La maire de Washington, Muriel Bowser, qui s’est opposée à plusieurs reprises au déploiement de la Garde nationale dans sa ville, a qualifié la fusillade d' »attaque ciblée ». Elle a rappelé que le déploiement des troupes de la Garde nationale avait été contesté devant les tribunaux par les autorités du district de Columbia, qui estimaient qu’il constituait une violation de l’autonomie locale. La juge fédérale avait suspendu son effet jusqu’en décembre pour permettre un appel de l’administration Trump.
Ce déploiement de la Garde nationale s’inscrit dans une stratégie plus large de l’administration Trump visant à lutter contre la criminalité dans les villes dirigées par les démocrates, accusées par l’ancien président de favoriser l’anarchie et les troubles violents. Les dirigeants démocrates de ces villes ont dénoncé ces interventions comme des démonstrations de force politisées visant à punir leurs opposants.
