Publié le 27 octobre 2025 à 23h39. La paralysie politique aux États-Unis se traduit par une crise alimentaire imminente pour plus de 40 millions d’Américains à faibles revenus, conséquence directe de la suspension d’un programme d’aide alimentaire essentiel.
- Le ministère américain de l’Agriculture a suspendu le « Programme d’assistance nutritionnelle supplémentaire » (SNAP) faute de financement.
- Les démocrates accusent les républicains de bloquer les projets de loi de financement, tandis que le ministère de l’Agriculture refuse d’utiliser des fonds d’urgence pour maintenir le programme.
- Plusieurs États tentent de pallier le manque à gagner, mais l’avenir de l’aide alimentaire reste incertain.
La crise actuelle est le résultat d’un blocage politique persistant au Congrès américain. Les divergences profondes entre républicains et démocrates sur les dépenses publiques, notamment dans le domaine de la santé, ont empêché l’adoption d’un nouveau budget temporaire avant la fin de l’exercice précédent, le 30 septembre. Depuis le 1er octobre, le gouvernement fédéral est donc en « shutdown », c’est-à-dire qu’il manque de fonds pour assurer ses fonctions essentielles, et ce pour la quatrième semaine consécutive.
L’impact le plus immédiat de cette impasse budgétaire se fait sentir sur le « Programme d’assistance nutritionnelle supplémentaire » (SNAP), qui aide plus de 40 millions de personnes – soit environ un huitième de la population américaine – à acheter de la nourriture. La majorité des bénéficiaires sont des foyers à faibles revenus et des personnes handicapées. Le ministère de l’Agriculture a annoncé la suspension des versements à partir du 1er novembre, laissant des millions d’Américains sans ressources pour se nourrir.
Le ministère de l’Agriculture justifie cette décision en accusant les démocrates du Sénat d’avoir rejeté à 12 reprises les projets de loi de financement du SNAP. Dans un communiqué publié le 25 octobre, le ministère affirmait que « le puits est à sec et aucune prestation ne sera versée le 1er novembre ».
Face à cette situation, plus de 200 membres démocrates du Congrès ont adressé une lettre au secrétaire à l’Agriculture, Brooke Rollins, le 24 octobre, lui demandant d’utiliser les fonds d’urgence pour maintenir le programme en novembre. Hakeem Jeffries, le chef de file de la minorité à la Chambre des représentants, a dénoncé les républicains, affirmant qu’ils « ont transformé la faim en arme » et que suspendre l’aide alimentaire serait un « manquement dégoûtant » de la part du gouvernement fédéral.
Cependant, une note du ministère de l’Agriculture, divulguée par les médias, révèle que l’administration refuse d’utiliser ces fonds d’urgence, arguant qu’ils sont destinés aux secours en cas de catastrophe et ne peuvent pas être utilisés pour les dépenses sociales courantes.
Certains États ont annoncé qu’ils tenteraient de maintenir la distribution de l’aide alimentaire malgré la suspension des financements fédéraux. L’Arkansas, par exemple, a demandé aux bénéficiaires de se préparer à une interruption des livraisons et de se tourner vers des organisations caritatives privées. Toutefois, le ministère de l’Agriculture a précisé qu’il ne rembourserait pas les dépenses engagées par les États.