Le gouvernement s’apprête à reconduire en 2027 la surtaxe d’impôt sur les sociétés pour les grandes entreprises, une mesure initialement prévue pour un an. Cette prolongation budgétaire suscite de vives critiques de la part du patronat, qui dénonce une défiance croissante envers l’État et des répercussions directes sur l’économie.
La reconduction de la surtaxe budgétaire pour 2027
La surtaxe d’impôt sur les sociétés qui cible les grands groupes ne disparaîtra pas comme il était initialement prévu, et elle sera prolongée dans le projet de loi de finances 2027. Cette contribution fiscale, qui rapporte environ huit milliards d’euros par an, a été mise en place en 2025 par le gouvernement, initialement pour une durée d’une année, et a déjà été reconduite cette année. Publié le 26/08/2026 à 11:48, le président du Medef, Patrick Martin, s’est exprimé à Paris le 15 avril 2026.
Interrogé sur l’hypothèse d’une reconduction sur BFMTV ce lundi matin, Roland Lescure, le ministre de l’Economie, a ainsi déclaré : « On verra, moi j’espère la baisser, mais ce n’est pas acquis. Si on peut la baisser on le fera, mais aujourd’hui ce n’est pas facile. » Une chose est donc certaine, elle ne sera pas complètement supprimée. Alors qu’il s’apprête à participer jeudi à la Rencontre des entrepreneurs de France (REF) du Medef, Roland Lescure met en avant un contexte budgétaire tendu, avec une cible des 5 % de déficit difficile à respecter en 2026 et une croissance affectée par la crise au Moyen-Orient et la hausse des prix de l’énergie. L’activité risque aussi d’être pénalisée par « un été difficile. Les canicules, les incendies, ça a un impact sur la production agricole, l’économie. » L’objectif d’un déficit public à 5 % du PIB l’an prochain, « c’est pas gagné », a donc averti le ministre, « on va faire tout ce qu’on peut pour être le plus près possible de 5 % ».
La vive réaction du Medef face à l’alourdissement fiscal
Du côté des organisations patronales, la décision de prolonger ce prélèvement passe mal.
« Ça pose un problème en termes de message. Quand l’État s’engage à ne prélever un impôt que sur une année, qu’il le reconduit une deuxième année et qu’il s’apprête à le reconduire une troisième année, ça crée une défiance à l’égard de l’État. C’est tellement facile pour les politiques, de tous bords, de faire supporter la charge aux entreprises (…). Les très grandes entreprises sont déjà les plus taxées au monde. On atteint notre seuil de douleur. »
Patrick Martin, président du Medef
À un moment donné, c'est mécanique l'économie, si vous avez moins d'argent, vous investissez moins, vous embauchez moins. Dire que les entreprises doivent faire un effort supplémentaire, et en réalité qu'elles supporteront une fois de plus l'intégralité de l'effort, c'est scier la branche sur laquelle on est assis. Le dirigeant
Déficit public et perspectives économiques incertaines
L’exécutif maintient le cap sous contrainte. L’objectif d’un déficit public limité à 5 % du PIB pour l’année prochaine reste difficile à atteindre, ce qui pousse le gouvernement à chercher des recettes pérennes malgré le mécontentement des organisations professionnelles. Alors que le ministre de l’Économie espère pouvoir alléger cette fiscalité si les marges budgétaires le permettent, l’incertitude demeure quant aux arbitrages finaux du budget.
