Le gouvernement malaisien va doter le secteur maritime d’un nouveau fonds de développement, le MSDF, afin de réduire sa dépendance aux navires étrangers et de renforcer sa compétitivité régionale. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à faire de la Malaisie une plaque tournante maritime majeure en Asie.
Créé en vertu de la loi A1551 (Loi de 2017 sur la marine marchande (amendement)), le Malaysia Shipping Development Fund (MSDF) sera un fonds statutaire destiné à assurer un financement durable pour le développement du secteur maritime national. Le ministère des Transports a annoncé cette création le 6 novembre, soulignant qu’il permettra de moderniser l’industrie locale, d’améliorer ses capacités technologiques et de former une main-d’œuvre plus qualifiée, sans dépendre uniquement des allocations annuelles de l’État.
« Cette initiative représente une étape politique stratégique du gouvernement visant à stimuler la compétitivité et la capacité du secteur national du transport maritime grâce au développement d’une industrie nationale plus structurée et tournée vers l’avenir », a déclaré le ministère dans un communiqué.
L’annonce intervient après la première réunion du Conseil national des transports maritimes et portuaires (NSPC) de 2025, au cours de laquelle sept documents politiques gouvernementaux et industriels ont été examinés en vue de leur mise en œuvre en 2026. La loi A1551 modifie l’ordonnance de 1952 sur la marine marchande et étend son application au Sabah et au Sarawak.
Le secteur maritime est un pilier essentiel de la croissance économique de la Malaisie, assurant 96,4 % du commerce du pays. En 2024, les performances commerciales du pays ont atteint 2 880 milliards de RM (environ 600 milliards d’euros) en importations et exportations totales, générant un excédent commercial de 136,88 milliards de RM (environ 29 milliards d’euros) – le plus élevé enregistré depuis 1998.
La Malaisie, en tant que membre de l’Organisation maritime internationale (OMI), s’engage également dans la réduction des émissions de carbone dans le secteur maritime. En collaboration avec l’Australie, le ministère des Transports a développé un cadre politique et juridique pour le « bunkering vert », encourageant l’utilisation de carburants alternatifs à faible teneur en carbone tels que le gaz naturel liquéfié (GNL), les biocarburants et le méthanol. L’objectif est de réduire les gaz à effet de serre émis par les navires et de favoriser une transition vers une énergie propre et durable.
Le ministère prévoit également de renforcer l’industrie nationale de la construction et de la réparation navales (SBSR), en attirant les investissements nationaux et internationaux. Un développement du secteur du ravitaillement est également prévu, afin de positionner la Malaisie comme une plaque tournante régionale d’ici 2030. Cela passera par une réforme et une rationalisation du cadre administratif et de la gestion du régime d’immatriculation des navires, ainsi que par le renforcement des institutions nationales de formation maritime et une modernisation de la législation maritime.