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Le ministre iranien de l’Intérieur Eskandar Momeni en visite à Islamabad

by Nicolas Lefèvre
Le message du président Masoud Pezeshkian et les enjeux régionaux

Le ministre iranien de l’Intérieur, Eskandar Momeni, est arrivé à Islamabad le lundi 20 juillet 2026 pour une visite officielle. Accompagné d’une délégation de haut niveau, il doit s’entretenir avec le Premier ministre Shehbaz Sharif et le chef d’état-major de l’armée et chef des forces de défense, le maréchal Syed Asim Munir, dans un contexte de tensions accrues entre Téhéran et Washington.

L’arrivée d’Eskandar Momeni a été marquée par l’accueil du ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, à l’aéroport, ainsi que par la remise d’un bouquet par Talal Chaudhry, ministre d’État à l’Intérieur. Cette visite d’une journée s’inscrit dans une volonté d’intensifier les consultations bilatérales alors que la région fait face à une instabilité sécuritaire croissante.

Le message du président Masoud Pezeshkian et les enjeux régionaux

Au-delà du protocole, Momeni transporte un message spécial du président iranien, le docteur Masoud Pezeshkian, destiné aux dirigeants pakistanais. Selon des sources citées par The Nation, ce message concerne l’évolution de la situation régionale et le conflit opposant l’Iran aux États-Unis, reflétant les consultations étroites de Téhéran avec Islamabad sur les développements régionaux. Momeni doit également tenir des discussions au niveau de la délégation avec son homologue pakistanais, le ministre de l’Intérieur Mohsin Naqvi.

Cette mission diplomatique intervient alors que le président Masoud Pezeshkian a déclaré lundi que son pays menait une « guerre totale » contre les États-Unis, d’après Dawn. Cette déclaration fait suite aux remarques du président des États-Unis, Donald Trump, plus tôt dans le mois, affirmant que le cessez-le-feu était « terminé ». Téhéran accuse Washington d’avoir rompu le protocole d’accord (MoU) d’Islamabad, un pacte de paix intérimaire en 14 points signé le 18 juin dernier et visant à mettre fin aux hostilités et à rouvrir le détroit d’Ormuz.

Le rôle du Pakistan est ici central. Le pays a dirigé les efforts de paix depuis le 28 février, date à laquelle les États-Unis et Israël ont lancé des attaques contre l’Iran, déclenchant une guerre et une crise mondiale du carburant car Téhéran a pris des mesures pour perturber le trafic dans le détroit d’Ormuz. Bien que le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, ait affirmé que les échanges diplomatiques avec les États-Unis via des médiateurs se poursuivaient, la situation sur le terrain reste critique. Des rapports suggéraient que Momeni était susceptible de s’entretenir avec des responsables pakistanais ayant précédemment servi de médiateurs pour le cessez-le-feu intérimaire désormais effondré.

Sécurité frontalière et transit des pèlerins vers l’Irak

Si la géopolitique domine l’agenda, des dossiers techniques et humanitaires immédiats sont également au cœur des discussions. The Nation précise qu’un point clé des échanges concerne l’organisation du voyage des pèlerins pakistanais se rendant en Irak via le territoire iranien pour le pèlerinage d’Arbaeen prévu plus tard cette année.

Les deux ministères de l’Intérieur doivent s’accorder sur des mesures de coordination, de facilitation et de sécurité pour garantir un transit sécurisé à des milliers de fidèles à travers le territoire iranien. Parallèlement, les discussions portent sur le renforcement de la coopération dans les domaines suivants :

  • La gestion des frontières et l’immigration.
  • La lutte contre le terrorisme et la contrebande.
  • Le partage de renseignements pour stabiliser la zone frontalière commune.

L’escalade militaire et l’impact sur le détroit d’Ormuz

La visite de Momeni se déroule dans un climat de violence extrême. Dawn rapporte que Washington a étendu ses frappes lundi, touchant notamment une ville abritant une centrale nucléaire, marquant la neuvième nuit consécutive d’attaques.

En réponse, le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC) a annoncé avoir frappé des cibles en Jordanie, en Syrie et à Bahreïn. Bahreïn a précisé que Téhéran avait visé ses systèmes de navigation aérienne. Cette reprise des combats, après un calme de plusieurs semaines provoqué par l’accord de juin, a entraîné des conséquences économiques immédiates, notamment une hausse du prix du pétrole Brent, qui a dépassé les 90 dollars, atteignant un sommet mensuel.

Le blocage mutuel des ports et du détroit d’Ormuz — corridor maritime vital pour l’approvisionnement en gaz et en pétrole — place le Pakistan dans une position délicate. Alors que le cessez-le-feu avec les États-Unis s’est effondré, Téhéran a rétabli son blocus de la voie navigable, tandis que Washington a riposté en bloquant à nouveau les ports iraniens. Le Pakistan continue ses efforts diplomatiques pour tenter de sauver le mémorandum d’entente d’Islamabad afin d’éviter que les chocs géopolitiques répétés ne provoquent un nouveau revers économique national.

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