Publié le 13 décembre 2023 14:30. La Thaïlande accuse le Cambodge de poser délibérément des mines terrestres le long de leur frontière commune, une accusation qui a suscité une réaction de Donald Trump et une crise humanitaire pour les citoyens thaïlandais bloqués à la frontière.
- Le ministre thaïlandais des Affaires étrangères dénonce le déploiement intentionnel de mines terrestres par le Cambodge.
- Donald Trump a qualifié l’explosion d’une mine terrestre ayant blessé des soldats thaïlandais d' »accident », suscitant l’indignation en Thaïlande.
- Des milliers de citoyens thaïlandais sont bloqués au Cambodge, incapables de rentrer chez eux.
Bangkok s’est fermement exprimé contre ce qu’elle considère comme une escalade délibérée des tensions à sa frontière avec le Cambodge. Le ministre thaïlandais des Affaires étrangères, Sihasak Phuangketkeow, a déclaré samedi lors d’une conférence de presse que les mines terrestres qui ont causé des pertes parmi les militaires thaïlandais n’étaient pas le résultat d’un « accident », mais avaient été posées intentionnellement par les forces cambodgiennes. Cette accusation intervient après plusieurs incidents documentés et vérifiés par des observateurs indépendants, incluant sept cas de pose de mines terrestres et une attaque à la roquette BM-21 ciblant des zones civiles thaïlandaises.
La réaction du président américain Donald Trump, qualifiant l’explosion d’une mine terrestre qui a fait des victimes parmi les soldats thaïlandais d’un simple « accident », a particulièrement irrité Bangkok. Sihasak a estimé que l’administration américaine ne disposait peut-être pas d’une compréhension complète de la situation ou avait reçu des informations erronées. Il a souligné que les propos de Trump avaient blessé les sentiments du peuple thaïlandais.
« Le peuple thaïlandais est déçu par le commentaire de Trump selon lequel la bombe en bord de route, qui a tué et blessé plusieurs soldats thaïlandais, était un « accident ».
Sihasak Phuangketkeow, ministre thaïlandais des Affaires étrangères
Au-delà des tensions militaires, une crise humanitaire se profile. Entre 6 000 et 7 000 citoyens thaïlandais se trouvent bloqués du côté cambodgien du point de passage frontalier de Poipet, privés de la possibilité de rentrer chez eux. Sihasak a rappelé que la Thaïlande n’a jamais entravé le retour des citoyens cambodgiens résidant sur son territoire, contrairement au Cambodge qui a, à plusieurs reprises, retardé la réouverture des postes frontaliers.
Les premiers ministres thaïlandais par intérim, Anutin Charnvirakul, et cambodgien, Hun Manet, ont tous deux eu des entretiens téléphoniques distincts avec Donald Trump vendredi concernant le conflit frontalier. Le même jour, Trump a annoncé sur les réseaux sociaux qu’un cessez-le-feu était convenu à partir de vendredi soir. Cependant, Anutin a précisé samedi que les opérations militaires thaïlandaises se poursuivraient jusqu’à ce que la sécurité du territoire et de la population thaïlandaise soit pleinement assurée.