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Le NFF se durcit : – Un point de départ

Publié le 2024-10-27 14:35:00. Le football féminin norvégien se prépare à une transformation profonde, avec de nouvelles exigences de licence pour les clubs de la Toppserien, visant à professionnaliser la ligue et à la propulser parmi les meilleures…

Le NFF se durcit : – Un point de départ

Publié le 2024-10-27 14:35:00. Le football féminin norvégien se prépare à une transformation profonde, avec de nouvelles exigences de licence pour les clubs de la Toppserien, visant à professionnaliser la ligue et à la propulser parmi les meilleures d’Europe, mais sans garantie de salaire minimum pour les joueuses.

  • La Fédération norvégienne de football a adopté des modifications aux critères d’octroi de licence, basées sur le rapport Mørland.
  • Les clubs devront satisfaire à des normes plus élevées en matière d’infrastructures (gazon, vestiaires) et d’effectifs (18 joueuses professionnelles).
  • L’instauration d’un salaire minimum n’est pas prévue à court terme, malgré les recommandations du rapport Mørland.

La Toppserien, la première division norvégienne de football féminin, est à l’aube de changements majeurs. Suite à la publication en septembre du rapport de la commission Mørland, qui formule 37 recommandations concrètes, la Fédération norvégienne de football (NFF) a décidé de renforcer les critères d’octroi de licence pour les clubs de l’élite.

L’objectif affiché est ambitieux : faire de la Toppserien l’une des six meilleures ligues européennes et multiplier par cinq ses revenus commerciaux d’ici 2030. Pour atteindre cet objectif, la NFF mise sur une professionnalisation accrue du championnat.

Les nouvelles exigences, qui entreront en vigueur en 2026, portent notamment sur la qualité des infrastructures. Les clubs devront disposer d’un gazon artificiel certifié FIFA Quality Pro, en plus du chauffage par le sol. Les vestiaires devront également répondre aux mêmes normes que celles exigées pour les deux premières divisions masculines.

Un point crucial concerne la taille des effectifs. Chaque club devra engager au moins 18 joueuses sous contrat professionnel. Les clubs qui ne parviendront pas à respecter cette règle d’ici l’été 2026 devront louer un stade agréé pour pouvoir continuer à jouer.

Si le rapport Mørland avait souligné la nécessité d’un « salaire suffisant » pour les joueuses de plus de 20 ans, la NFF n’a pas intégré cette exigence dans les nouvelles règles. Cette absence suscite des interrogations quant à la capacité de la ligue à atteindre pleinement son objectif de professionnalisation.

« Si la Toppserien veut devenir une ligue pleinement professionnelle d’ici 2030, certains éléments de base doivent être mis en place, notamment le niveau des salaires. Un joueur professionnel est quelqu’un qui gagne plus grâce au football qu’en dépenses mensuelles. »

Jon Mørland, chef du comité Mørland

Thorkild Lillesveen, responsable de la section des licences de club à la NFF, estime que l’obligation d’avoir 18 joueuses professionnelles est une étape importante.

« La décision concernant le contrat professionnel est désormais la même que pour tous les footballeurs norvégiens. Il y a une volonté de se rapprocher le plus possible de la ligue OBOS avec 18 joueurs par club sous contrat professionnel. »

Thorkild Lillesveen, responsable de la section des licences de club à la NFF

Il précise toutefois que le contenu des contrats ne comporte aucune autre exigence et qu’un salaire minimum n’a pas été discuté pour l’instant.

Salaires minimums dans les ligues européennes (2025) :

    <div class="factbox__content">
        <div class="factbox__body rich-text rich-text--factbox "><p><span class="icon-bullet" data-lab-font-icon="icon-bullet"> </span><span data-lab-font_weight="bold" class="bold m-bold">Norvège (Toppserien) :</span></p><p>(Pas de salaire minimum) Exigence minimale de 50 000 couronnes norvégiennes (environ 4 600 €) par an pour un contrat professionnel.</p><ol><p class="lab-bodytext-line"><span class="icon-bullet" data-lab-font-icon="icon-bullet"> </span><span data-lab-font_weight="bold" class="bold m-bold">Danemark (A-League) :</span></p><p class="lab-bodytext-line">Réparti en temps plein*, temps partiel et contrat jeunes*. </p><p>*Contrat à temps plein : environ 340 000 couronnes norvégiennes (environ 31 500 €) par an (augmente d'environ 2 600 couronnes norvégiennes (environ 240 €) chaque année pendant les cinq prochaines années).</p><p>*Contrat jeunesse : environ 50 000 couronnes norvégiennes (environ 4 600 €) par an.</p><p class="lab-bodytext-line"><span class="icon-bullet" data-lab-font-icon="icon-bullet" style="letter-spacing: 0.16px;"> </span><span data-lab-font_weight="bold" class="bold m-bold" style="letter-spacing: 0.16px;">Espagne (Liga F) :</span></p><p class="lab-bodytext-line">267 000 couronnes norvégiennes (environ 24 800 €) par an.</p><p class="lab-bodytext-line" data-lab-font_weight=""><span class="icon-bullet" data-lab-font-icon="icon-bullet" style="font-weight: bold;"> </span><span data-lab-font_weight="bold" class="bold m-bold" style="font-weight: bold;">I</span><span data-lab-font_weight="bold" class="bold m-bold" style="">talie (Série A féminine) :</span></p><p class="lab-bodytext-line" data-lab-font_weight="">310 000 couronnes norvégiennes (environ 28 700 €) par an.</p><p><span style="letter-spacing: 0.16px;" data-lab-font_weight="bold" class="bold m-bold"><br/><span class="icon-bullet" data-lab-font-icon="icon-bullet"> </span>France (Division 1 Féminine):</span></p><p class="lab-bodytext-line" data-lab-font_weight="">Suit le salaire minimum national d’environ 250 000 couronnes norvégiennes (environ 23 000 €) par an.</p></ol><p data-lab-font_weight=""> <span class="icon-bullet" data-lab-font-icon="icon-bullet"><span data-lab-font_weight="bold" class="bold m-bold">Angleterre (Super League féminine) :</span></span></p><p data-lab-font_weight="">Environ 533 000 couronnes norvégiennes (environ 49 000 €) par an (à partir de 23 ans).</p><p class="bold m-bold" data-lab-font_weight="bold">  Canada (Super League du Nord) :<br/></p><p data-lab-font_weight="">392 000 couronnes norvégiennes (environ 36 000 €) par an.</p><p class="bold m-bold" data-lab-font_weight="bold"><span class="icon-bullet" data-lab-font-icon="icon-bullet"> </span>États-Unis (Ligue nationale de football féminin) :</p><p data-lab-font_weight="">  Environ 493 000 couronnes norvégiennes (environ 45 500 €) par an.</p></div>
    </div>

        <button id="button-18333344" class="factbox__button" onclick="TV2.toggleFactbox(18333344);" aria-label="Vis alt innhold i faktaboksen">
            <svg><use xlink:href="#icon-chevron"/></svg>
        </button>
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Selon le rapport Deloitte « Le meilleur baromètre du football », seulement 81 joueuses de la Toppserien étaient sous contrat professionnel en 2023. Bien que le nombre de contrats ait augmenté sur sept ans, on constate une légère diminution de la part en 2024, ce qui suggère un ralentissement de la progression.

La NFF espère que les nouvelles exigences en matière de licence permettront de relancer cette dynamique.

Un modèle professionnel dès le départ

Au Canada, la Northern Super League (NSL) a disputé sa première saison cette année. Dès le départ, la ligue a mis en place des normes strictes pour garantir aux joueuses des conditions de travail professionnelles.

Christina Litz, présidente de la ligue, explique qu’ils ont privilégié des exigences financières claires et un salaire minimum élevé dès le lancement.

« Il s’agit d’une ligue construite par des joueuses qui voulaient créer un championnat basé sur des valeurs où les athlètes devraient pouvoir vivre du football et se concentrer pleinement sur le sport. Par conséquent, l’ensemble du modèle économique devait également répondre à ce besoin. »

Christina Litz, présidente de la ligue NSL

Litz souligne également l’importance de garantir des conditions-cadres favorables aux femmes dans le sport, notamment en matière de congé parental, de santé mentale et de traitement de fertilité.

La joueuse norvégienne Susanne Oliver Haaland (27 ans) a rejoint Ottawa Rapid pour la saison 2025, après avoir évolué dans la Toppserien. Elle témoigne d’une différence significative en termes de professionnalisme.

« Le salaire minimum permet une professionnalisation qui n’est pas possible dans un environnement où le football rémunère à peine les joueurs. Lorsque vous gagnez suffisamment d’argent pour abandonner votre travail ou vos études, vous pouvez réellement consacrer pleinement votre temps et votre énergie au football. Ensuite, cela devient un travail, pas un passe-temps chronophage, et le niveau s’élève. »

Susanne Oliver Haaland, joueuse d’Ottawa Rapid

Haaland estime également qu’une économie plus stable dans les clubs permet aux joueuses de prolonger leur carrière au plus haut niveau.

– Cela prolonge également les carrières. À Kolbotn, j’étais le deuxième plus âgé, au Canada, je suis parmi le milieu. Nous avons plusieurs plus de 30 ans et deux mères dans l’équipe. Les gens ne s’arrêtent pas jusqu’à ce qu’ils atteignent leur niveau maximum. En même temps, il est important de dire que le salaire minimum nécessite du capital – il ne suffit pas de claquer des doigts pour avoir assez d’argent, conclut-elle.

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À propos de l’auteur: Camille Renault

Camille Renault couvre le sport français et international, avec une attention particulière au football, au rugby, au tennis et aux grands rendez-vous de compétition. Son écriture conjugue précision, rythme et sens du résultat.