Publié le 18 octobre 2025. Le Pakistan a lancé des frappes aériennes sur l’Afghanistan vendredi soir, faisant au moins dix morts et mettant fin à une trêve fragile, dans un contexte de tensions croissantes liées à la sécurité frontalière et aux accusations mutuelles de soutien à des groupes armés.
- Le Pakistan a mené des frappes aériennes de précision contre des positions frontalières afghanes, ciblant notamment le groupe Hafiz Gul Bahadur, affilié au Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP).
- Au moins dix civils ont été tués et douze autres blessés dans les bombardements, selon des sources afghanes. Trois joueurs de cricket afghans ont également péri.
- Les tensions s’intensifient après une série d’attaques et d’explosions, et alors que le Pakistan accuse Kaboul de protéger des organisations terroristes, ce que l’Afghanistan nie.
Les frappes aériennes pakistanaises ont visé plusieurs localités de la province de Paktika, selon un haut responsable taliban qui a souhaité rester anonyme. « L’Afghanistan ripostera », a-t-il déclaré. Un responsable d’un hôpital provincial a confirmé le bilan de dix civils tués et douze blessés, dont deux enfants. Le Conseil de cricket d’Afghanistan a annoncé la mort de trois de ses joueurs, qui participaient à un tournoi dans la région, et a annoncé le retrait de l’équipe nationale de la prochaine série Tri-Nation T20I prévue au Pakistan le mois prochain.
Du côté pakistanais, un haut responsable de la sécurité a justifié ces frappes comme des « frappes aériennes de précision » visant les positions du groupe Hafiz Gul Bahadur, une faction liée au Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP), également connu sous le nom de Taliban pakistanais. Islamabad accuse ce groupe d’avoir récemment perpétré un attentat suicide à l’explosif et à l’arme à feu dans un camp militaire du district du Nord-Waziristan, qui a fait sept morts parmi les forces paramilitaires.
Ces événements interviennent après une semaine d’affrontements armés à la frontière, qui avaient déjà causé des pertes des deux côtés. Une trêve de 48 heures avait été conclue mercredi, mais elle a été rompue par les frappes pakistanaises. Islamabad avait déclaré que l’accord prendrait fin si Kaboul ne respectait pas ses engagements.
La question de la sécurité est au cœur des tensions actuelles. Le Pakistan accuse régulièrement le gouvernement afghan de fournir un sanctuaire aux organisations armées, notamment le TTP, ce que Kaboul dément fermement. Les épisodes de violence transfrontalière se sont intensifiés après les explosions survenues dans la capitale afghane, Kaboul, coïncidant avec la visite historique du ministre des Affaires étrangères taliban en Inde, un pays considéré par Islamabad comme un rival stratégique.
Le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Muhammad Asif, a accusé Kaboul sur son réseau social X d’agir « en tant qu’intermédiaire pour l’Inde » et de conspirer contre le Pakistan.
« Désormais, les notes diplomatiques ne seront plus des demandes de paix et les délégations ne seront plus envoyées à Kaboul. Quelle que soit l’origine du terrorisme, il devra payer un prix élevé. »
Khawaja Muhammad Asif, ministre pakistanais de la Défense
Zabihullah Mujahid, porte-parole du gouvernement taliban, a affirmé dans une interview à la chaîne afghane Ariana que ses troupes avaient reçu l’ordre de ne pas attaquer en premier.
Avant les frappes les plus récentes, la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan avait fait état de 37 morts et 425 blessés du côté afghan de la frontière, appelant les deux parties à mettre fin à la violence. Des centaines de personnes ont participé à des veillées dans la ville frontalière de Spin Boldak, notamment en hommage aux enfants décédés.
(Avec informations de l’AFP)
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