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Publié le 23 octobre 2024 à 14h30. Le Royaume-Uni a mis en garde la Russie contre toute intrusion dans ses eaux territoriales, après la détection d’un navire espion russe au large des côtes écossaises, et annoncé un renforcement significatif de ses capacités de défense.

  • Londres accuse le navire russe Yantar d’avoir pointé des lasers vers des avions de surveillance britanniques.
  • Le gouvernement britannique prévoit de construire six nouvelles usines de munitions à travers le pays.
  • Cette escalade intervient alors que Londres s’apprête à dévoiler un nouveau budget de défense accru.

Le secrétaire à la Défense, John Healey, a averti Moscou d’une réponse ferme en cas de nouvelle incursion. Il a déclaré que le navire Yantar, appartenant à la marine russe et conçu pour des opérations de surveillance et potentiellement de sabotage, avait été détecté au nord de l’Écosse. Selon Healey, l’équipage du Yantar a utilisé des lasers pour aveugler les pilotes d’avions surveillant ses activités.

« Mon message à la Russie et à Poutine est le suivant : nous vous voyons. Nous savons ce que vous faites. Et si le Yantar se dirige vers le sud cette semaine, nous sommes prêts. »

John Healey, secrétaire à la Défense

L’ambassade de Russie a réagi en qualifiant les accusations britanniques de « russophobes » et d’« attisantes à l’hystérie militariste », affirmant que Moscou n’a aucune intention de menacer la sécurité du Royaume-Uni.

Cet avertissement intervient alors que le gouvernement britannique s’apprête à présenter son nouveau budget, avec une pression croissante pour augmenter les dépenses militaires. Le Premier ministre Keir Starmer s’est engagé à augmenter considérablement les investissements dans la défense face aux menaces posées par la Russie, la Chine et l’Iran. Cette augmentation devra cependant être financée par des hausses d’impôts ou des réductions de dépenses, compte tenu d’un déficit budgétaire important.

Parallèlement, Healey a annoncé un plan ambitieux pour renforcer l’industrie de l’armement britannique, avec la construction d’au moins six nouvelles usines de munitions, réparties entre l’Écosse et le Pays de Galles. Un investissement de 1,5 milliard de livres sterling (environ 1,75 milliard d’euros) a été alloué à ce projet, qui devrait créer au moins 1 000 emplois et garantir un approvisionnement constant en explosifs, propulseurs et pyrotechniques pour l’armée britannique.

Les services de renseignement britanniques considèrent le Yantar comme un navire de surveillance sophistiqué, capable d’opérations de sabotage en temps de guerre. Londres et ses alliés suivent attentivement ses mouvements et cherchent à dissuader toute activité suspecte à proximité de ses eaux territoriales. Healey a souligné que le Yantar fait partie d’une flotte russe dont le but est de menacer les infrastructures sous-marines britanniques et de ses alliés, en référence aux attaques survenues plus tôt cette année contre des pipelines et des câbles sous la mer Baltique.

Ce n’est pas la première fois que le Yantar teste les défenses britanniques. L’année dernière, après un avertissement similaire, le navire avait quitté les eaux britanniques pour la Méditerranée. En janvier, il a été suivi par la frégate HMS Somerset alors qu’il traversait la Manche.

Healey a insisté sur la nécessité pour le Royaume-Uni de s’adapter à une « nouvelle ère de puissance dure », marquée par des conflits régionaux, des tensions internationales et des activités d’espionnage. Il a cité le conflit au Moyen-Orient, les troubles entre l’Inde et le Pakistan, l’ingérence chinoise et la guerre en Ukraine comme autant de facteurs justifiant un renforcement de la défense britannique.

En juin dernier, la Grande-Bretagne s’était engagée à porter ses dépenses de défense à 5 % de son produit intérieur brut d’ici 2035, conformément aux recommandations de l’OTAN. Cet engagement comprend 3,5 % du PIB pour les dépenses de défense de base et 1,5 % supplémentaire pour des projets d’infrastructure visant à renforcer la sécurité du pays. L’année dernière, le Royaume-Uni a consacré environ 2,3 % de son PIB à la défense.

« C’est une nouvelle ère de menace. Elle exige une nouvelle ère de défense, une ère de puissance dure, d’alliés forts et de diplomatie sûre. Et à mesure que la menace grandit, la Grande-Bretagne doit intensifier ses efforts, et nous le faisons. »

John Healey, secrétaire à la Défense

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Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.
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