Publié le 13 octobre 2025 à 02h25. L’Argentine, fragilisée financièrement, bénéficie d’un soutien américain sans précédent qui suscite des interrogations : derrière l’aide se cachent des intérêts stratégiques liés à l’accès aux ressources naturelles du pays, notamment les terres rares et l’uranium.
- Les États-Unis ont accordé à l’Argentine une ligne de crédit de 20 milliards de dollars (28 000 milliards de wons) pour l’aider à surmonter sa crise économique.
- L’administration Trump vise à sécuriser l’accès aux ressources minérales stratégiques de l’Argentine, telles que l’uranium, les terres rares et le lithium.
- Des investissements importants, notamment d’OpenAI, sont prévus en Argentine, attirés par ses ressources énergétiques et hydriques.
L’aide américaine à l’Argentine, qualifiée d’« inédite » par le quotidien La Nación, ne relève pas uniquement d’une solidarité idéologique envers le président Javier Milei. Une analyse plus approfondie révèle des motivations géopolitiques et économiques fortes, centrées sur le contrôle des ressources naturelles du pays et la limitation de l’influence chinoise en Amérique latine.
Selon le journal argentin, l’administration Trump ambitionne de faire de l’Argentine un « banc d’essai » pour sa stratégie de confrontation avec la Chine, tout en sécurisant son approvisionnement en matières premières essentielles. Le secrétaire au Trésor, Scott Besant, a affirmé que l’Argentine ouvrirait ses portes aux entreprises américaines dans des secteurs clés comme les terres rares et l’uranium.
« L’Argentine exclura la Chine et ouvrira ses portes aux entreprises privées américaines dans des domaines clés tels que les terres rares et l’uranium. »
Scott Besant, secrétaire au Trésor américain
Le ministre argentin de l’Économie, Luis Caputo, a corroboré cette vision, soulignant l’opportunité commerciale que représente cette collaboration pour son pays. L’intérêt américain ne se limite pas aux minerais : le secteur énergétique argentin, notamment le pétrole, le gaz et les technologies de l’information, attire également des investissements massifs. Récemment, OpenAI a annoncé un projet de construction d’un centre de données à grande échelle en Argentine, pour un montant de 25 milliards de dollars (environ 35 000 milliards de wons), rendu possible par les abondantes ressources énergétiques et hydriques du pays.
Pour mener à bien ces projets de développement, les États-Unis misent sur la stabilité politique et la fiabilité de l’administration Milei. Des émissaires de Donald Trump, comme son conseiller Barry Bennett, se sont rendus à plusieurs reprises en Argentine pour évaluer la capacité du président à maintenir le contrôle de la situation, notamment après les élections de mi-mandat du 26 octobre. Le gouvernement américain espère que le parti au pouvoir remportera ces élections, afin de faciliter la coopération avec les gouvernements locaux et d’assurer l’exploitation des ressources stratégiques.
Des liens personnels et professionnels entre Scott Besant et Robert Citron, un gestionnaire de fonds spéculatifs américain ayant investi massivement en Argentine, ont également été mis en lumière par les médias locaux. Cependant, le secrétaire d’État Bessant a démenti toute connivence, affirmant que l’aide américaine visait uniquement à défendre les intérêts stratégiques des États-Unis dans la région.
« Les informations selon lesquelles nous aidons les riches Américains sont complètement fausses. Ce que nous faisons, c’est maintenir les intérêts stratégiques de l’Amérique dans l’hémisphère occidental. »
Scott Besant, secrétaire au Trésor américain
Malgré ces assurances, le coût total de l’aide américaine reste incertain, et certains observateurs argentins s’interrogent sur le véritable prix de cette alliance. Comme le souligne La Nación, « l’altruisme pur n’existe clairement pas ».

Par Jeong Yu-kyung [email protected]