Home DivertissementL’écrivaine argentine Gabriela Cabezón Cámara a remporté le prestigieux National Book Award aux États-Unis

L’écrivaine argentine Gabriela Cabezón Cámara a remporté le prestigieux National Book Award aux États-Unis

by Antoine Girard

Publié le 20 novembre 2025 02:34:00. L’écrivaine argentine Gabriela Cabezón Cámara a été couronnée par le Prix national du livre pour la littérature traduite aux États-Unis, récompensant ainsi son œuvre saluée pour son exploration de l’identité et de la colonisation.

  • Gabriela Cabezón Cámara a remporté le Prix national du livre pour son roman Les filles de l’oranger.
  • L’auteure a profité de son discours pour souligner l’importance de l’éducation publique et adresser un message aux détracteurs de la langue espagnole.
  • Le prix, doté de 10 000 dollars (environ 9 200 euros), est partagé avec son traducteur, Robin Myers.

New York a été le théâtre de la remise de ce prestigieux prix littéraire à Gabriela Cabezón Cámara, dont le roman Les filles de l’oranger a captivé le jury. L’annonce de la victoire a suscité une vive émotion, avec des applaudissements et des embrassades dans l’assistance. L’œuvre, dont le titre original est Las hijas del naranjo, explore les thèmes de la transformation personnelle, de la colonisation espagnole, de la tendresse et de la rencontre.

Dès son arrivée sur scène, Gabriela Cabezón Cámara a affirmé avec conviction :

« Je vais parler en espagnol, parce que certains fascistes n’aiment pas ça. »

Gabriela Cabezón Cámara, auteure

Cette déclaration, accueillie par une nouvelle vague d’applaudissements, témoigne de son engagement et de sa fierté pour sa langue maternelle.

L’écrivaine a ensuite exprimé sa gratitude envers l’éducation publique argentine, qu’elle considère comme un pilier essentiel de son parcours : « Sans elle, les gens de la classe ouvrière comme moi ne seraient jamais là. » Elle a également remercié les organisateurs du prix et son éditrice argentine, Ana-Laura Pérez.

Le prix, d’une valeur de 10 000 dollars, comprend également une médaille de bronze et une statuette. Il est partagé avec Robin Myers, le traducteur qui a rendu l’œuvre accessible au public anglophone. Myers a traduit le roman en anglais sous le titre “We Are Green and Trembling”.

Les filles de l’oranger relate la vie de Catherine d’Erauso, née au Pays Basque en 1592. Son parcours extraordinaire, passant de religieuse en Espagne à soldat en Amérique, est une exploration de l’identité et une réflexion sur la conquête du continent américain. L’œuvre interroge notamment la possibilité que la tendresse ait pu influencer le destin des conquérants.

Lors d’une interview accordée à Infobae lors de la publication du livre, Cabezón Cámara a abordé la question de l’identité de genre de son personnage historique : « Il me semble que l’idéal est que la question trans… ne soit pas un problème. Si on est trans, comment peut-on avoir des boucles. N’importe quel trait d’identité. »

Le roman se distingue également par son travail linguistique, intégrant une forme de guaraní inventé, qui ajoute une dimension poétique et mystérieuse à l’histoire.

Les filles de l’oranger a déjà été récompensé par plusieurs prix, dont le Prix Sor Juana Inés de la Cruz à Guadalajara, au Mexique, le Prix Ville de Barcelone en langue espagnole, le Prix Fondation Médifé Filba et le Prix de profil.

Née à San Isidro le 4 novembre 1968, Gabriela Cabezón Cámara s’est imposée comme une figure majeure de la littérature argentine contemporaine, explorant avec audace les thèmes de l’identité et de la critique sociale. Son roman La tête de la Vierge (2009), qui raconte l’histoire d’un travesti vénéré comme saint, et Tu as vu le visage de Dieu (2011), un court roman sur la traite des êtres humains, ont également été salués par la critique. Son œuvre Les aventures du fer de Chine a été finaliste du Prix international du livreur (2020) après sa traduction en anglais.

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