Publié le 16 décembre 2025 à 06h06. Une attaque armée perpétrée par un père et son fils à Bondi Beach, à Sydney, a fait au moins quinze morts et de nombreux blessés lors d’une célébration de Hanoucca, révélant de graves lacunes dans la protection de la communauté juive australienne face à la montée de l’antisémitisme.
- Un père et son fils, affiliés à l’idéologie de l’État islamique, ont ouvert le feu sur une foule célébrant Hanoucca à Bondi Beach, faisant au moins quinze morts.
- L’attaque fait suite à une augmentation significative des menaces et des actes antisémites en Australie depuis les attentats du Hamas du 7 octobre 2023.
- Les critiques s’élèvent contre la réponse jugée trop faible du gouvernement australien, qui se concentre sur des mesures symboliques plutôt que sur une protection concrète de la communauté juive.
L’horreur s’est abattue sur Bondi Beach, un quartier de Sydney connu pour son ambiance balnéaire et sa forte présence de la communauté juive orthodoxe australienne. Hier, un père et son fils ont sorti des armes à feu et ont tiré sur des personnes célébrant Hanoucca, faisant au moins quinze morts et des dizaines de blessés. Un vendeur de fruits a fait preuve d’un courage exceptionnel en s’attaquant au tireur le plus âgé et en lui arrachant son arme, interrompant ainsi le massacre. La police a finalement abattu le père, tandis que le fils, grièvement blessé, a été placé en garde à vue. Selon les premiers éléments de l’enquête, les deux hommes arboraient un drapeau de l’État islamique dans leur véhicule et le fils avait déjà été soupçonné de liens avec une cellule terroriste en 2019. Le père possédait légalement des armes à feu depuis une dizaine d’années.
Cet acte odieux survient dans un contexte de recrudescence de l’antisémitisme en Australie. Les menaces, les agressions, le vandalisme et les intimidations à l’encontre des Juifs ont triplé depuis les attaques du Hamas du 7 octobre 2023. L’année écoulée a été marquée par plusieurs incidents graves, notamment un attentat à la bombe incendiaire contre une épicerie casher à Bondi Beach et l’incendie criminel d’une synagogue à Melbourne. Des écoles juives ont également été la cible de tags antisémites.
La réponse du gouvernement australien à cette montée de la haine est vivement critiquée. Si le Premier ministre Anthony Albanese a condamné à plusieurs reprises l’antisémitisme, les mesures concrètes mises en place sont jugées insuffisantes. Lors d’une conférence de presse, il a suggéré que les Australiens rendent hommage aux victimes en allumant des bougies et en renforçant la législation sur le contrôle des armes à feu. Conférence de presse du Premier ministre Albanese.
Le gouvernement a également annoncé la criminalisation du discours de haine et l’interdiction du salut nazi en public, sur les recommandations de son envoyée spéciale pour la lutte contre l’antisémitisme, Jillian Segal. Plan d’action contre l’antisémitisme. Des fonds ont été alloués aux musées juifs et à l’éducation sur l’Holocauste, et une attention particulière est censée être portée à l’inclusion juive dans les universités. Cependant, la recommandation d’une « protection renforcée des communautés juives par des mesures de sécurité physique » n’a été évoquée que brièvement.
De nombreux observateurs estiment que la priorité devrait être accordée à la protection physique des communautés juives, en leur fournissant une escorte armée si nécessaire. L’absence de mesures de protection adéquates à Bondi Beach, malgré les avertissements répétés concernant la menace antisémite, est particulièrement dénoncée. Le renseignement australien avait d’ailleurs identifié l’antisémitisme comme la « principale menace à la vie » en Australie.
L’enquête se concentre également sur les liens possibles entre les auteurs de l’attaque et des groupes terroristes étrangers. Les deux hommes avaient récemment effectué un voyage aux Philippines, et les autorités cherchent à déterminer s’ils ont eu des contacts avec des membres de l’État islamique dans le sud du pays. L’Iran est également sous surveillance, Israël suspectant sa participation à la fusillade. Article du Telegraph sur les soupçons concernant l’Iran. Bien qu’il soit inhabituel que l’Iran collabore avec l’État islamique, compte tenu de leur antagonisme religieux, aucune preuve formelle n’a encore été établie.
La découverte d’un soutien étranger à l’attaque serait un tournant majeur dans l’enquête, mais ne saurait effacer les critiques concernant la gestion de la menace antisémite par le gouvernement australien jusqu’à présent.
Correction : Un article initial mentionnait à tort qu’un vendeur de fruits s’était attaqué au jeune tireur. Il s’est en réalité attaqué au tireur le plus âgé.