Publié le 3 janvier 2024 17h12:00. La rivalité historique entre Leeds United et Manchester United, alimentée par des décennies de confrontations intenses, atteint son paroxysme ce week-end avec un match crucial à Elland Road, où les supporters de Leeds n’ont pas connu la victoire face à leurs rivaux depuis 2002.
- Sir Alex Ferguson, l’ancien entraîneur de Manchester United, a décrit l’atmosphère hostile à Elland Road comme comparable à un lynchage.
- La rivalité entre les deux clubs est profondément ancrée dans l’histoire, bien au-delà des simples enjeux sportifs.
- Leeds aborde ce match en meilleure forme que Manchester United, avec une série de six matchs sans défaite.
L’intensité de la rivalité entre Leeds United et Manchester United est légendaire dans le monde du football anglais. Sir Alex Ferguson, dans son autobiographie « Managing My Life », n’a pas hésité à qualifier l’accueil réservé à son équipe à Elland Road de particulièrement virulent. Il se souvenait d’une atmosphère où, selon ses propres termes, « la foule nous donne invariablement l’impression qu’un lynchage serait trop bien pour nous ». Cette observation, faite après une victoire difficile en Coupe de la Ligue en 2011, témoigne de la ferveur particulière qui règne lors de ces rencontres.
Ferguson a également souligné que, bien que les matchs entre Liverpool et Manchester United soient toujours âprement disputés, ils n’atteignent jamais le niveau de passion et d’hostilité que l’on observe à Leeds.
Cette rivalité dépasse largement le terrain de jeu. Gary Edwards, supporter de Leeds et propriétaire d’une entreprise de décoration, illustre cette aversion profonde :
« J’ai une entreprise de décoration et depuis 40 ans nous avons pour devise que nous n’utiliserons pas de peinture rouge. Nous peindrons du rouge gratuitement. C’est toujours d’actualité aujourd’hui. C’est sur toutes les cartes de visite et sur tous les papiers à en-tête. »
Gary Edwards, supporter de Leeds United
Les origines de cette animosité sont complexes et débattues. Certains y voient un écho lointain de la guerre des Deux-Roses au XVe siècle, bien que cette explication soit souvent jugée simpliste. D’autres la relient à la révolution industrielle et à l’émergence du football en tant que sport organisé. Il est également possible que le respect accordé aux « Busby Babes » de Manchester United dans les années 1950, contrastant avec la perception parfois négative de l’équipe de Don Revie à Leeds dans les années 1960 et 1970, ait contribué à alimenter cette rivalité.
Le transfert de joueurs clés entre les deux clubs, tels que Johnny Giles, Gordon Strachan, Joe Jordan, Gordon McQueen, Denis Irwin et Eric Cantona, a également joué un rôle important. La proximité géographique des deux villes, séparées par les Pennines, ajoute une dimension locale à cette confrontation.
Le match de ce week-end, qui débute à 12h30 GMT, promet d’être une épreuve de force. Leeds cherche à remporter sa première victoire à domicile contre Manchester United en Premier League depuis 2002, date à laquelle Harry Kewell avait marqué le but vainqueur. Paul Robinson, ancien gardien de Leeds, se souvient de l’atmosphère particulière qui régnait lors de ces rencontres :
« À cent pour cent, c’est différent. Vous arrivez au stade deux heures avant le coup d’envoi et certaines zones sont cloisonnées. Il y a des policiers ici, vous ne pouvez pas y conduire. Cette route est fermée, cette route est fermée. C’est aussi intense que n’importe quel derby que vous voulez nommer dans ce pays – et ce n’est pas amical. »
Paul Robinson, ancien gardien de Leeds United
Robinson évoque également son expérience de ramasseur de balles à Elland Road, où la section réservée aux supporters de Manchester United était particulièrement redoutée.
Ni Daniel Farke, l’entraîneur de Leeds, ni Ruben Amorim, son homologue de Manchester United, n’ont participé à un match entre ces deux équipes en tant que joueurs ou entraîneurs. Amorim, qui a connu le derby de Lisbonne en tant que joueur de Benfica et entraîneur du Sporting, a cependant reconnu l’importance de cette rencontre :
« J’ai entendu dire qu’il s’agissait d’une grande rivalité et d’un grand derby. Il est difficile de comparer différentes cultures, différents derbies et différentes histoires. C’est un match dans un environnement hostile et cela va être difficile pour n’importe quel joueur. Mais quand vous jouez pour Manchester United, il faut être prêt à tout. »
Ruben Amorim, entraîneur de Manchester United
Leeds aborde ce match avec une dynamique positive, après un match nul et vierge à Anfield le jour de l’An, prolongeant sa série d’invincibilité à six matchs et lui permettant de prendre sept points d’avance sur la zone de relégation. Manchester United, en revanche, n’a remporté que trois victoires depuis fin octobre et a récemment subi une défaite face à Wolverhampton, une équipe en difficulté.
Pour certains supporters de Leeds, une saison réussie se résumerait à éviter la relégation et à battre Manchester United. Comme le souligne Gary Edwards : « Je pense simplement que c’est le meilleur moment pour les affronter, car nous avons franchi un cap. Nous avons gardé la même formation et les joueurs qui semblaient désastreux en début de saison sont désormais assurés et confiants. Cela rendra le jeu intéressant. Très, très intéressant. »
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