Publié le 24 janvier 2024 16:32:00. Des manifestations de plus en plus vives secouent le sud de l’Iran, notamment la ville de Fasza, après des promesses de révision fiscale qui n’ont pas suffi à apaiser les tensions. La situation intérieure tendue s’accompagne d’une escalade des menaces extérieures, notamment de la part des États-Unis.
- Des affrontements violents ont éclaté à Fasza, avec des manifestants assiégeant le bureau du gouverneur et des échanges de tirs signalés.
- Le président Pezesskián a promis de reconsidérer les augmentations d’impôts, mais les protestations se poursuivent.
- Les tensions s’intensifient également sur le plan international, avec des menaces de frappes militaires américaines et une réponse ferme promise par l’Iran.
La ville de Fasza, située dans le sud de l’Iran, est le théâtre de manifestations particulièrement virulentes depuis plusieurs jours. Des images diffusées sur les réseaux sociaux font état de scènes de chaos, avec des manifestants ayant pris d’assaut le bureau du gouverneur, allumé des feux et lancé des projectiles. Des bruits de coups de feu sont également audibles sur ces vidéos, et des témoignages font état de blessés.
L’agence de presse semi-officielle Tasznim a démenti toute mort, affirmant que trois policiers ont été blessés lors des affrontements. Cette information n’a pu être vérifiée de manière indépendante.
Face à la contestation, le président Masúd Pezesskián a tenté de calmer la situation mardi en promettant une révision des augmentations d’impôts prévues. Il a également déclaré que les revendications de certains manifestants, appelant à des changements, étaient légitimes.
« Nous allons revoir les augmentations d’impôts prévues et nous prenons au sérieux les demandes de changement exprimées par certains citoyens. »
Masúd Pezesskián, président de l’Iran
Malgré ces promesses, les manifestations se sont poursuivies mercredi, avec des rassemblements autour du Grand Bazar de Téhéran, malgré un important dispositif policier. La plupart des commerces sont restés fermés. Selon le quotidien Sargh, au moins quatre étudiants ont été arrêtés mardi à l’université de Téhéran, et un journaliste a également été interpellé avant d’être relâché mercredi.
Parallèlement à cette crise intérieure, les tensions géopolitiques s’exacerbent. Lundi, le président américain Donald Trump a menacé l’Iran de frappes militaires si le pays relançait son programme nucléaire. En réponse, le ministre iranien des Affaires étrangères, Aragcsi Abbass, a publié mercredi une lettre mettant en garde contre les conséquences dangereuses d’une telle agression et promettant une réponse décisive.
La situation reste donc extrêmement volatile, tant sur le plan intérieur qu’extérieur, et l’évolution des événements est suivie de près par la communauté internationale.
Crédit photo de couverture : Morteza Nikoubazl/NurPhoto via Getty Images