Publié le 26 novembre 2025 17h32. Le pape Léon XIV entame ce jeudi son premier voyage international, une tournée qui l’emmènera en Turquie et au Liban dans un contexte de fortes tensions au Moyen-Orient, avec pour objectif de promouvoir un message de paix et de commémorer un événement majeur de l’histoire chrétienne.
- Le pape Léon XIV se rendra en Turquie puis au Liban jusqu’au 2 décembre.
- Ce voyage coïncide avec le 1 700e anniversaire du Concile de Nicée, un événement central pour l’unité chrétienne.
- Le pontife rencontrera notamment le président turc Recep Tayyip Erdogan et le patriarche œcuménique de Constantinople Bartholomée Ier.
Le pape Léon XIV débute ce jeudi son premier voyage international, une tournée diplomatique et spirituelle qui le conduira en Turquie puis au Liban jusqu’au 2 décembre. Cette visite intervient à un moment critique, marqué par des conflits et des tensions persistantes au Moyen-Orient, et s’inscrit dans la continuité des efforts de son prédécesseur, François, dont le souhait de se rendre au Liban n’avait pu être réalisé.
Le voyage a pour objectif principal de promouvoir un message de paix et de dialogue interreligieux. Il sera également l’occasion de commémorer le 1 700e anniversaire du Concile de Nicée, un événement fondateur de la chrétienté qui s’est tenu en 325 après J.-C. dans l’actuelle Turquie.
« Demain, je me rendrai en Turquie, puis au Liban, pour rendre visite aux populations bien-aimées de ces pays riches en histoire et en spiritualité. Ce sera également l’occasion de rappeler le 1700ème anniversaire du Concile de Nicée et de rencontrer la communauté catholique et avec les frères chrétiens et d’autres religions. Je vous demande de m’accompagner avec la prière. »
Pape Léon XIV
Le directeur du bureau de presse du Saint-Siège, Matteo Bruni, a souligné que ce voyage vise à souligner « le dialogue et l’unité parmi les chrétiens, la proximité des communautés catholiques forgée par des siècles d’histoire, marquée par des tragédies, des tensions et la paix », un sujet qui préoccupe le pape depuis le début de son pontificat.
Rencontre avec Erdogan
Après son départ de Rome, le pape arrivera à l’aéroport international d’Ankara dans l’après-midi. Il rendra hommage au fondateur de la Turquie, Mustafa Kemal Atatürk, en visitant son mausolée, avant d’être reçu par le président turc, Recep Tayyip Erdogan, au Palais Présidentiel. Cette première rencontre devrait aborder les négociations en cours pour mettre fin à la guerre en Ukraine et obtenir un cessez-le-feu à Gaza. Le pontife prononcera un discours devant les autorités avant de se rendre à Istanbul en fin de journée.
Vendredi sera marqué par une réunion de prière avec les évêques, prêtres, diacres et autres représentants de la cathédrale du Saint-Esprit. Le pape visitera également une maison de repos des Petites Sœurs des Pauvres avant de se rendre en hélicoptère à Nicée (aujourd’hui Iznik), où il participera à un service de prière œcuménique près des fouilles archéologiques de l’ancienne basilique Saint-Neophyte, lieu présumé du premier concile du christianisme.
La commémoration du Concile de Nicée sera célébrée par des hymnes et des prières en présence d’une vingtaine de patriarches et de représentants des différentes Églises chrétiennes, rassemblés devant les icônes du Christ et du Concile. À son retour à Istanbul, le pape rencontrera les évêques de la Délégation Apostolique.
Le souhait frustré de François
Le Concile de Nicée, convoqué en 325 par l’empereur Constantin, avait réuni environ 300 membres des Églises chrétiennes afin de rapprocher les positions et de poser les bases de la doctrine chrétienne.
La commémoration de cet anniversaire constitue l’un des principaux motifs du voyage, Léon XIV souhaitant souligner « l’importance de l’unité dans la foi, qui peut aussi être une source de paix pour le monde entier ».
En novembre dernier, le pape François avait exprimé au patriarche orthodoxe de Constantinople, Bartholomée Ier, son désir de célébrer ensemble cet anniversaire et avait laissé ouverte la porte à un nouveau voyage apostolique en Turquie, après celui de 2014.
« Le souvenir de cet événement important renforcera sûrement les liens existants et encouragera toutes les Églises à donner un témoignage renouvelé dans le monde d’aujourd’hui. »
Jorge Bergoglio (Pape François)
Jorge Bergoglio est décédé le 21 avril dernier.
Rencontre avec Bartholomée Ier
Samedi, Léon XIV visitera la Mosquée Bleue, l’emblématique mosquée Sultan Ahmed, et aura une réunion privée avec les chefs des Églises et des communautés chrétiennes devant l’Église orthodoxe syrienne de Mor Ephrem. Il célébrera ensuite une messe à la Volkswagen Arena d’Istanbul et rencontrera le patriarche œcuménique de Constantinople, Bartholomée Ier. Les deux dirigeants signeront une déclaration commune au Palais patriarcal.
Cette rencontre ne sera pas la première entre les deux chefs religieux, qui s’étaient déjà vus au Vatican en mai dernier, peu après le début du pontificat de Léon XIV. Le pape avait alors souligné l’importance de promouvoir le dialogue théologique entre les Églises orthodoxe et catholique.
Le dernier jour de son séjour en Turquie débutera par une visite de prière à la cathédrale apostolique arménienne d’Istanbul, suivie d’une liturgie à l’église patriarcale Saint-Georges et d’un déjeuner avec Bartholomée Ier.
Voyage au Liban
Dans l’après-midi du 30 novembre, le pape s’envolera pour Beyrouth. Il entamera son programme libanais par une cérémonie de bienvenue et une visite de courtoisie au président du pays, Joseph Aoun, au Palais Présidentiel. Il rencontrera également le président du Parlement, Nabih Berri, le Premier ministre, Nawaf Salam, ainsi que d’autres autorités et représentants de la société civile et du corps diplomatique.
Au Liban, le pontife exprimera sa proximité avec les petites communautés catholiques, confrontées à des difficultés liées à l’émigration et aux tensions, comme l’a indiqué le Vatican.
Le 1er décembre, le pape se rendra au tombeau de l’ascète maronite Charbel Makluf (1828-1898), canonisé par Paul VI et à qui l’on attribue plus de 29 000 miracles de guérison, dans le monastère de Saint-Marun à Annaya, un lieu de pèlerinage majeur. Il se rendra également au sanctuaire de Notre-Dame du Liban à Harissa, où il rencontrera des religieux et célébrera une rencontre interreligieuse sur la place des Martyrs à Beyrouth.
Le pontife partagera un moment avec les jeunes, particulièrement touchés par la situation économique du pays, sur la place devant le patriarcat maronite d’Antioche à Bkerké.
Prière sur le site de l’explosion de 2020
Le dernier jour du voyage sera marqué par une visite à l’hôpital psychiatrique “De La Croix” de Jal el Dib et une « prière silencieuse » sur le site de l’explosion du port de Beyrouth, survenue il y a cinq ans, qui a fait plus de 200 morts et 7 000 blessés. Plus d’informations sur l’explosion de Beyrouth. Il présidera ensuite une messe sur le front de mer de la capitale libanaise et prononcera un discours lors de la cérémonie d’adieu à l’aéroport, d’où il repartira pour Rome.
En 2021, au retour d’un voyage en Irak, le pape François avait exprimé son désir de visiter le Liban, un projet qui ne s’est finalement pas concrétisé.
Mesures de sécurité
Le voyage du pape intervient alors qu’Israël continue d’ attaquer le sud du Liban. Léon XIV a appelé il y a quelques jours à retrouver « les moyens d’abandonner l’usage des armes pour résoudre les problèmes », en référence à la guerre en Ukraine et aux bombardements israéliens des quartiers contrôlés par le Hezbollah à Beyrouth. « Nous devons encourager tout le monde à demander justice, car la violence est souvent le résultat d’une injustice », a-t-il souligné.
Matteo Bruni a précisé que la situation sécuritaire au Liban était connue lors de la préparation du voyage et que « toutes les précautions nécessaires » avaient été prises.
