Publié le 8 janvier 2024 06:59:00. La tragédie du « Constellation », discothèque de Crans-Montana où 40 jeunes ont péri dans un incendie le jour du Nouvel An, révèle un passé trouble pour les propriétaires, impliqués dans des affaires de proxénétisme et de fraude. L’enquête s’oriente désormais vers une possible volonté d’économiser sur la sécurité.
- Un incendie criminel, déclenché par des cierges sur des bouteilles de champagne, a coûté la vie à 40 personnes et blessé gravement une centaine d’autres.
- Les propriétaires du club, un couple corse, sont connus des services de police pour des activités illégales antérieures, notamment la prostitution et la fraude à l’assurance.
- Des questions se posent sur les vérifications de casier judiciaire effectuées par les autorités suisses lors de l’installation du couple en Valais.
L’incendie du « Constellation », survenu dans la nuit du 1er janvier, a laissé Crans-Montana en état de choc. Selon les premiers éléments de l’enquête, rapportés par les médias italiens, l’incendie aurait été provoqué par des cierges magiques placés sur des bouteilles de champagne Magnum, enflammant le plafond bas en plastique du sous-sol. Le bilan est lourd : 40 jeunes ont perdu la vie et une centaine d’autres ont été grièvement blessés, compromettant leur avenir. Les clients payaient 140 francs suisses (environ 140 euros) pour entrer et une bouteille de champagne coûtait 500 francs suisses (environ 500 euros).
Les soupçons se portent désormais sur les propriétaires du club, JM et son épouse, originaire de Saint-Raphaël, sur la Côte d’Azur. D’après les informations disponibles, c’est la femme, co-gérante de l’établissement, qui aurait cherché à réduire les coûts, possiblement au détriment de la sécurité. Elle a disparu pendant plusieurs heures après la tragédie, avant de se rendre aux autorités. Pendant son absence, les pages Facebook et Instagram du « Constellation » ont été supprimées.
JM, quant à lui, n’était pas présent dans le club lors de l’incendie. Le couple possède d’autres établissements à Crans-Montana et à Lens, et, selon les médias italiens, possède également une propriété de luxe à Cannes. Son passé est marqué par plusieurs condamnations.
En 2005, JM a été reconnu coupable de proxénétisme et de fraude à l’assurance en France. Il avait monté un réseau de prostitution à partir de La Clusaz, une station de ski située en Savoie, non loin de Genève, et envoyait de jeunes Françaises travailler dans un bordel genevois. Alertée par les autorités françaises, la police genevoise l’a appréhendé. Le procès s’est déroulé en Savoie, car la prostitution n’est pas illégale en Suisse. Il a été condamné à 12 mois de prison, dont 4 mois fermes, le reste étant assorti d’une période de probation.
Deux ans plus tard, en 2010, il a été condamné en Corse pour fraude à la sécurité sociale. Selon des sources citées par le journal français Le Parisien, il aurait également été condamné à Paris en 2005 pour une autre affaire d’escroquerie.
En 2010, JM a quitté Paris pour s’installer à Crans-Montana, où il a loué l’ancien salon de thé « Le Constel » et l’a transformé en le branché « Le Constellation », investissant une somme importante dans sa rénovation. Malgré son casier judiciaire chargé, il a pu s’établir facilement dans la communauté alpine valaisanne, soulevant des questions sur la rigueur des contrôles effectués par les autorités.
Les procédures d’immigration et d’obtention de permis de travail exigent en principe la communication d’informations sur les antécédents des demandeurs, notamment des références professionnelles et des preuves de revenus. Il reste à déterminer si ces vérifications ont été effectuées de manière approfondie, ce qui aurait pu révéler les multiples condamnations de JM. En quelques années, le couple a amassé une fortune considérable, acquérant plusieurs propriétés sans recourir à des hypothèques.
Dans le cadre de la procédure pénale en cours, JM et son épouse ont engagé deux avocats spécialisés en droit pénal et un avocat d’affaires, tous réputés. Les frais de défense s’élèvent déjà à plus de 100 000 francs suisses (environ 100 000 euros) pour les premières semaines, selon le journal 20 Minuten.