Publié le 27 octobre 2023 09h30. Une analyse récente des armes utilisées par la Russie contre l’Ukraine révèle une dépendance continue vis-à-vis de composants étrangers, notamment des puces électroniques occidentales, malgré les affirmations de Moscou concernant son autosuffisance militaire.
- L’étude du renseignement ukrainien (HUR) a examiné 727 missiles Iskander-K, des missiles de croisière Kinzhal, ainsi que des missiles nord-coréens KN-23 et KN-24, et des drones Gerány-2.
- Les composants électroniques de ces armes proviennent de fabricants américains, chinois, suisses, japonais et taïwanais.
- La Russie continue également d’importer des armes significatives d’Iran et de Corée du Nord.
Le renseignement ukrainien a démantelé les armes utilisées par la Russie lors des frappes du 22 octobre ciblant les infrastructures énergétiques du pays. L’analyse détaillée de ces munitions a mis en lumière une réalité contrastant avec les déclarations officielles de Moscou sur l’indépendance de son industrie militaire.
Selon le HUR, les puces électroniques, essentielles au fonctionnement de ces systèmes d’armes, ne sont pas produites intégralement en Russie.
« Même si la Russie proclame que son industrie militaire est désormais totalement autosuffisante, elle s’approvisionne encore largement en composants de haute technologie, en particulier en puces électroniques, auprès de fabricants étrangers occidentaux. »
HUR
L’étude précise que les fabricants impliqués sont basés aux États-Unis, en Chine, en Suisse, au Japon et à Taïwan. Cette dépendance à l’égard de composants étrangers soulève des questions sur l’efficacité des sanctions internationales visant à limiter l’accès de la Russie aux technologies de pointe.
Par ailleurs, le rapport souligne que la Russie continue de s’approvisionner en armes auprès de l’Iran et de la Corée du Nord. Bien que le rapport du HUR ne le mentionne pas explicitement, plusieurs analyses externes suggèrent que la Russie contourne les sanctions en utilisant des pays tiers et des sociétés écrans pour ses importations.