Publié le 4 décembre 2025 à 19h21. L’essor des vélos électriques est confronté à une crise de sécurité grandissante, alimentée par la prolifération de modèles puissants et non réglementés, souvent commercialisés à tort comme des vélos classiques. Face à une augmentation alarmante des blessures et des incendies, les appels à une réglementation fédérale se multiplient.
- Le nombre de blessures liées aux vélos électriques a explosé ces dernières années, avec une multiplication par 49 des traumatismes crâniens entre 2017 et 2022 aux États-Unis.
- De nombreux incidents sont liés à des « e-motos », des cyclomoteurs électriques vendus comme des vélos électriques légaux, sans permis ni immatriculation.
- Les batteries lithium-ion défectueuses sont à l’origine d’incendies de plus en plus fréquents, causant des blessures graves et des dégâts matériels considérables.
Les urgences hospitalières sont de plus en plus sollicitées pour des accidents impliquant des vélos électriques. À New York, les décès liés au vélo ont atteint un sommet en 24 ans en 2023, avec 30 décès, dont 23 impliquant des vélos électriques. En Californie, le nombre d’incidents liés aux vélos électriques a augmenté de 1 800 % entre 2018 et 2023. Une étude menée en 2024 dans le comté de Marin a révélé que près d’un patient sur huit admis aux urgences pour un traumatisme lié à un vélo électrique décède de ses blessures, un taux de mortalité 37 fois supérieur à celui des accidents impliquant des vélos traditionnels.
Ces chiffres alarmants ont conduit des organisations médicales de premier plan, telles que l’American College of Surgeons, l’American Association of Neurological Surgeons et l’American Academy of Orthopaedic Surgeons, à publier des recommandations de sécurité concernant l’utilisation du casque et la prévention des blessures liées aux vélos électriques en 2024.
La situation est aggravée par le fait que de nombreux véhicules commercialisés comme des vélos électriques ne respectent pas les normes de sécurité en vigueur. La Commission de sécurité des produits de consommation (CPSC) définit un vélo électrique comme un véhicule d’une puissance maximale de 750 watts (environ 1 cheval-vapeur). Or, de nombreux modèles disponibles sur le marché sont équipés de moteurs produisant jusqu’à dix fois plus de puissance. Ces véhicules, souvent vendus à des adolescents, peuvent atteindre des vitesses de 30, 40, voire 50 kilomètres par heure, posant un danger pour leur conducteur et pour les autres usagers de la route.
Selon PeopleForBikes, l’organisation de défense des cyclistes, le problème réside dans la prolifération des « e-motos » : des motos et des cyclomoteurs électriques vendus comme des vélos électriques légaux, sans nécessiter de permis de conduire ni d’immatriculation. PeopleForBikes souligne que ces véhicules, souvent modifiés pour atteindre des vitesses plus élevées, sont à l’origine d’un nombre croissant d’incidents à l’échelle nationale.
Les incendies de batteries lithium-ion constituent une autre source de préoccupation majeure. En 2023, 267 incendies à New York ont été attribués à des batteries de vélos électriques, causant 150 blessures et 18 décès. San Francisco a enregistré un record de 58 incendies liés à des batteries rechargeables en 2022.
Il est important de souligner que les vélos électriques, lorsqu’ils respectent les normes de sécurité, peuvent constituer une alternative de transport écologique et économique intéressante. Une étude de 2020 a révélé que le remplacement de 15 % des déplacements en voiture par des vélos électriques pourrait réduire les émissions de carbone de 12 %. De plus, les vélos électriques sont moins chers à l’achat et à l’entretien que les voitures, et peuvent contribuer à réduire la demande mondiale de pétrole. Bloomberg estime que l’essor des deux-roues électriques pourrait réduire la demande mondiale de pétrole d’un million de barils par jour.
Pour résoudre ce problème, une réglementation fédérale s’impose. Les experts préconisent notamment de renforcer les contrôles à l’importation, d’exiger une certification de conformité pour les fabricants de motos électriques, et d’interdire la publicité mensongère. Les États devraient également harmoniser leurs lois pour éviter une mosaïque de réglementations incohérentes. L’Utah a déjà adopté des lois définissant clairement ce qu’est un vélo électrique et les conditions d’utilisation.
Comme le souligne Matt Moore, conseiller juridique et politique de PeopleForBikes :
« S’il est trop rapide ou trop puissant dans n’importe quel mode, alors ce n’est pas un vélo électrique, point final. »
Les communautés, les parents et les cyclistes méritent de savoir ce qu’ils achètent et à quels risques ils s’exposent. Une réglementation fédérale claire et efficace est essentielle pour protéger l’avenir de la mobilité électrique et garantir la sécurité de tous les usagers de la route.