Publié le 26 décembre 2025 17:21:00. L’Allemagne fait face à une crise de l’emploi de plus en plus préoccupante, avec un nombre croissant de chômeurs et une diminution significative des perspectives de retrouver un travail, selon les dernières données de l’Agence fédérale pour l’emploi.
La recherche d’emploi s’avère particulièrement difficile pour les Allemands actuellement. Andrea Nahles, directrice de l’Agence fédérale pour l’emploi (BA), l’a confirmé vendredi. L’agence dispose d’un indicateur permettant d’évaluer la probabilité de retour à l’emploi pour les chômeurs. « Cet indicateur se situe habituellement autour de 7, mais il est tombé à 5,7, un niveau jamais atteint auparavant », a-t-elle précisé.
En 2023 et 2024, le taux de chômage allemand a connu une augmentation constante, dépassant les 6 % en 2025. En août dernier, plus de 3,025 millions de personnes étaient sans emploi, un chiffre que la BA n’avait pas observé depuis début 2015. Nahles anticipe que ce seuil des trois millions pourrait être franchi de nouveau en début d’année prochaine, en raison des annonces quasi hebdomadaires de réductions d’effectifs dans les entreprises allemandes.
L’économie allemande a enregistré une contraction de 0,3 % en 2023, suivie d’une nouvelle baisse de 0,2 % en 2024. Selon Bert Rürup, économiste en chef du Handelsblatt, « l’Allemagne traverse la plus longue et la plus profonde crise économique de son histoire d’après-guerre. La pandémie, la crise énergétique et l’inflation ont globalement diminué le pouvoir d’achat des Allemands. » Une faible croissance est toutefois attendue pour 2025.
Nahles identifie les défis structurels posés par l’essor de l’intelligence artificielle, de l’informatique quantique et de la voiture électrique. Les constructeurs automobiles allemands, en particulier, sont confrontés à des difficultés financières et à une concurrence accrue de la part des marques chinoises proposant des véhicules électriques à bas prix.
Malgré ce contexte difficile, Nahles souligne que le nombre de salariés bénéficiant d’une assurance sociale obligatoire est le plus élevé jamais enregistré depuis la fondation de la République fédérale en 1949. Elle tempère également l’importance du taux de chômage, le jugeant moins préoccupant que dans d’autres pays. Cependant, elle reconnaît que « le marché du travail allemand manque de dynamisme, il est comme une planche ».
L’Agence fédérale pour l’emploi s’efforce de répondre à cette situation. 26 % des personnes s’inscrivant comme demandeurs d’emploi après la fin de leur contrat retrouvent un travail « immédiatement », grâce notamment à des programmes de reconversion. Le budget alloué à la formation continue a ainsi été augmenté de 12 % pour l’année prochaine. Nahles encourage également les jeunes à s’orienter vers les régions offrant le plus d’opportunités d’emploi, en leur proposant une « aide à la mobilité », qui reste cependant peu demandée. Elle souligne que le manque de logements abordables et de places en crèche constitue un frein dans certaines régions.
Andrea Nahles a occupé diverses fonctions politiques au sein du SPD, notamment celle de ministre du Travail de 2013 à 2017.
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