Publié le 2 novembre 2025 à 17h33. L’administration américaine, sous l’impulsion de Donald Trump, étudie la possibilité d’encourager la dollarisation dans les pays confrontés à une instabilité monétaire, l’Argentine étant désignée comme un candidat potentiel, selon des informations du Financial Times.
- Les États-Unis envisagent une stratégie pour contrer l’influence économique croissante de la Chine en promouvant l’adoption du dollar américain dans certains pays.
- L’Argentine, en raison de son historique de perte de confiance dans sa monnaie nationale, est considérée comme un cas d’étude prioritaire.
- Des responsables américains ont rencontré l’économiste Steve Hanke, spécialiste des processus de dollarisation, pour discuter de cette option.
Washington explore activement des solutions pour renforcer le rôle du dollar américain sur la scène internationale, face à la montée en puissance économique de Pékin. Cette réflexion s’est concrétisée par des échanges, débutant en août dernier, entre des représentants de l’administration américaine et Steve Hanke, économiste reconnu pour ses travaux sur la dollarisation. Selon le Financial Times, cette politique, bien qu’encore à un stade préliminaire, est prise très au sérieux par l’équipe de Donald Trump.
Bien que la Maison Blanche n’ait pas officiellement confirmé ces projets, Kush Desai, secrétaire adjoint à la presse du gouvernement américain, a reconnu les rencontres avec Steve Hanke, tout en soulignant que le président Trump « reste attaché à la force et à la puissance du dollar ». L’inquiétude de Washington porte sur les efforts de Pékin pour réduire l’utilisation du dollar américain dans les marchés émergents.
Outre l’Argentine, plusieurs autres pays sont potentiellement concernés par cette éventuelle stratégie de dollarisation : le Liban, le Pakistan, le Ghana, la Turquie, l’Égypte, le Venezuela et le Zimbabwe. Le rapport du Financial Times souligne la relation complexe de l’Argentine avec le dollar, évoquant la période de convertibilité des années 1990 et la proposition de dollarisation formulée par Javier Milei lors de la campagne présidentielle de 2023.
Certains analystes, interrogés par le Financial Times, estiment que la dollarisation pourrait être la seule solution pour l’Argentine afin de rompre avec le cycle des crises économiques récurrentes. Jay Newman, avocat et expert en dette souveraine, a déclaré :
« La dollarisation est la seule voie possible si l’Argentine veut briser le cercle vicieux des crises récurrentes. »
Jay Newman, avocat et expert en dette souveraine
Cependant, la prudence est de mise à Buenos Aires. Le ministre de l’Économie, Luis Caputo, a récemment déclaré début octobre qu’« il existe de nombreuses façons de dollariser, mais aujourd’hui nous n’avons pas assez de dollars pour le faire ». Le Fonds monétaire international (FMI) a également mis en garde contre les risques d’une telle mesure, soulignant qu’elle pourrait entraîner une « faible croissance » en contraignant l’Argentine à aligner sa politique monétaire sur celle de la Réserve fédérale américaine.
Steve Hanke, pour sa part, met en avant le problème structurel de la fuite des capitaux en Argentine :
« 76 % de la dette accumulée depuis 1995 a disparu à cause d’une méfiance chronique à l’égard du peso. Tous ces plans de sauvetage sont une terrible affaire. »
Steve Hanke, économiste
En résumé, alors que Donald Trump cherche à consolider le leadership du dollar à l’échelle mondiale, la possibilité d’une dollarisation en Argentine revient sur le devant de la scène internationale, bien qu’il s’agisse, pour l’instant, davantage d’une hypothèse géopolitique que d’une décision concrète.