Washington – Les États-Unis ont opéré un changement majeur dans leur politique de vaccination infantile, réduisant la liste des vaccins recommandés pour tous les enfants. Cette décision, qui suscite de vives inquiétudes parmi les experts médicaux, pourrait compromettre la protection contre plusieurs maladies courantes.
À retenir
- Les États-Unis recommandent désormais 11 vaccins pour tous les enfants, contre 14 auparavant.
- La vaccination contre la grippe, l’hépatite A, l’hépatite B, certaines formes de méningite et le VRS ne sera plus systématiquement recommandée, mais réservée aux groupes à risque ou proposée au cas par cas.
- Cette décision intervient dans un contexte de baisse des taux de vaccination et de recrudescence de maladies évitables comme la rougeole et la coqueluche.
Contexte
Ce remaniement des recommandations vaccinales fait suite à une demande du président Donald Trump en décembre dernier, qui souhaitait une réévaluation des pratiques américaines par rapport à celles d’autres pays. Selon le ministère américain de la Santé et des Services sociaux (HHS), une comparaison avec 20 pays développés a révélé que les États-Unis étaient « une valeur aberrante » en termes de nombre de vaccins et de doses recommandées.
Les responsables de l’administration Trump affirment que cette modification ne limitera pas l’accès aux vaccins pour les familles qui le souhaitent et que l’assurance continuera de les couvrir. Cependant, les professionnels de la santé craignent que cette mesure n’engendre de la confusion chez les parents et n’entraîne une augmentation des maladies évitables.
Ce qui change
À partir de maintenant, les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) recommanderont la vaccination contre 11 maladies pour tous les enfants. Les vaccins contre la rougeole, la coqueluche, la polio, le tétanos, la varicelle et le papillomavirus humain (VPH) restent sur la liste des recommandations universelles. Le nombre de doses de vaccin contre le VPH sera réduit de deux ou trois injections à une pour la plupart des enfants.
La protection contre la grippe, le rotavirus, l’hépatite A et l’hépatite B, ainsi que certaines formes de méningite et le virus respiratoire syncytial (VRS), ne sera plus systématiquement proposée, mais uniquement aux personnes considérées comme étant à haut risque ou sur recommandation médicale personnalisée, dans le cadre d’une « prise de décision partagée ».
Prochaines étapes
Bien que les États aient le pouvoir ultime de déterminer les vaccins obligatoires pour l’école, les recommandations des CDC influencent généralement leurs réglementations. Certains États ont déjà commencé à élaborer leurs propres politiques pour contrer les nouvelles directives de l’administration Trump. Il sera crucial de surveiller l’évolution des politiques vaccinales au niveau des États et l’impact de ces changements sur les taux de vaccination et l’incidence des maladies évitables.
Les experts s’inquiètent également de l’absence de débat public et d’examen transparent des données scientifiques avant cette décision. Le Dr Sean O’Leary, de l’Académie américaine de pédiatrie, souligne que « la santé et la vie des enfants sont littéralement en jeu » et que l’on ne peut pas simplement « copier-coller » les politiques d’autres pays sans tenir compte des spécificités de la situation américaine.
« Cette décision protège les enfants, respecte les familles et rétablit la confiance dans la santé publique », a déclaré Robert F. Kennedy Jr., secrétaire à la Santé, dans un communiqué. Le président Trump a quant à lui estimé sur sa plateforme Truth Social que le nouveau calendrier vaccinal est « beaucoup plus raisonnable » et « aligne enfin les États-Unis avec les autres pays développés du monde ».
Le Dr Sandra Fryhofer, de l’American Medical Association, a déclaré : « Des changements de cette ampleur nécessitent un examen attentif, la contribution d’experts et du public, ainsi qu’une justification scientifique claire. Ce niveau de rigueur et de transparence ne faisait pas partie de cette décision. »
Chiffres clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Nombre de vaccins recommandés (anciennement) | 14 |
| Nombre de vaccins recommandés (actuellement) | 11 |
| Nombre d’enfants décédés de la grippe l’hiver dernier | 280 (le plus grand nombre depuis 2009) |
Sources
Ministère américain de la Santé et des Services sociaux (HHS), Communiqué de presse du 6 janvier 2026.
