Publié le 10 décembre 2025 à 14h47. Les États-Unis envisagent de renforcer les contrôles à l’entrée de leur territoire en demandant aux voyageurs étrangers de fournir l’historique de leurs activités sur les réseaux sociaux, une mesure qui s’inscrit dans une politique de durcissement des conditions d’immigration.
- Les autorités américaines pourraient exiger l’accès aux données des réseaux sociaux des voyageurs bénéficiant d’une exemption de visa.
- Cette initiative intervient après une fusillade impliquant un ressortissant afghan et dans un contexte de rhétorique anti-immigration de Donald Trump.
- Le tourisme aux États-Unis est en baisse, en partie à cause de ces mesures et d’un dollar fort.
Les États-Unis envisagent d’ajouter les médias sociaux à la liste des données obligatoires fournies par les voyageurs étrangers souhaitant entrer sur le territoire sans visa. Cette proposition, révélée mercredi par le ministère de la Sécurité intérieure, concerne les ressortissants d’une quarantaine de pays participant au programme d’exemption de visa, dont l’Irlande, le Royaume-Uni, l’Australie, l’Allemagne et le Japon. Les voyageurs concernés pourraient être tenus de fournir l’historique de leurs activités sur les réseaux sociaux des cinq dernières années.
Cette mesure s’inscrit dans une série de durcissements des politiques d’immigration initiés par l’administration Trump. Récemment, une interdiction de voyager visant une trentaine de pays a été annoncée suite à une fusillade à Washington, impliquant un ressortissant afghan ayant travaillé avec les forces américaines et la CIA. L’ancien président Trump et ses alliés ont saisi cette affaire pour critiquer l’administration Biden et réclamer des restrictions plus strictes à l’immigration.
« Je vais suspendre définitivement la migration en provenance de tous les pays du tiers monde. »
Donald Trump, ancien président américain
Par ailleurs, les services américains de citoyenneté et d’immigration lanceront un « réexamen complet » des approbations accordées aux personnes originaires des pays concernés par l’interdiction de voyager, et ce, à partir de 2021. Le Département d’État a également annoncé en décembre qu’il étendrait les exigences en matière d’examen des réseaux sociaux pour les visas H-1B, destinés aux travailleurs hautement qualifiés, demandant aux candidats de rendre publics leurs profils. Un examen similaire est déjà en cours pour les demandeurs de visa étudiant.
Ces mesures pourraient avoir un impact significatif sur le tourisme américain. Les États-Unis devraient connaître une forte baisse du nombre de visiteurs étrangers et des dépenses touristiques cette année, avec une perte estimée à 12,5 milliards de dollars (environ 11,2 milliards d’euros) en revenus touristiques. On prévoit également une diminution du nombre de touristes étrangers, passant de 72,4 millions en 2024 à environ 67,9 millions cette année. Les États-Unis sont ainsi la seule des 184 économies mondiales analysées par le World Travel & Tourism Council et Oxford Economics à anticiper une perte de revenus dans le secteur du tourisme en 2025.
Cette baisse est attribuée aux exigences persistantes liées à la pandémie de Covid-19, à la force du dollar américain et à un changement dans la perception des États-Unis, influencé par la rhétorique et la politique « America First » de l’administration Trump. Pour en savoir plus sur la politique étrangère américaine et la diplomatie de Donald Trump.