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Les États-Unis et l’Ukraine poursuivent aujourd’hui leurs négociations sur un plan de paix

Les pourparlers de paix entre la Russie et l'Ukraine sont à un point critique, conditionnés par la volonté réelle du Kremlin de s'engager dans une résolution durable du conflit. Malgré des discussions récentes, les frappes russes sur le…

Les États-Unis et l’Ukraine poursuivent aujourd’hui leurs négociations sur un plan de paix

Les pourparlers de paix entre la Russie et l’Ukraine sont à un point critique, conditionnés par la volonté réelle du Kremlin de s’engager dans une résolution durable du conflit. Malgré des discussions récentes, les frappes russes sur le territoire ukrainien se poursuivent, remettant en question la sincérité des intentions de Moscou.

Trois personnes ont été blessées dans le district de Kiev lors d’une attaque combinée de missiles et de drones russes, selon les autorités locales. L’armée de l’air ukrainienne a rapporté que les forces russes ont utilisé divers types de missiles, dont des missiles hypersoniques Kinzhal, ainsi que des dizaines de drones, ciblant des villes à la périphérie de la capitale. La gare principale de Kiev a également été touchée, bien que ces informations n’aient pu être vérifiées de manière indépendante dans un premier temps.

Parallèlement aux combats, des discussions se sont tenues à Miami entre les représentants des États-Unis et de l’Ukraine. Un communiqué indique qu’ils se sont accordés sur « les points clés des accords de sécurité » et sur « les moyens de dissuasion nécessaires pour garantir une paix durable ». Contrairement aux demandes répétées de l’Ukraine et de ses alliés pour des garanties de sécurité formelles, le terme « accords de sécurité » a été privilégié, sans que les détails de ces accords ne soient divulgués.

Steve Witkoff, l’envoyé spécial américain, et Jared Kushner, le gendre de l’ancien président Donald Trump, ont rencontré mardi à Moscou le chef du Kremlin, Vladimir Poutine, pour lui présenter les propositions américaines visant à mettre fin à la guerre. Ils ont ensuite fait un compte rendu de cette réunion à la délégation ukrainienne en Floride, composée notamment de l’ancien ministre de la Défense Rustem Umyerov et du chef d’état-major Andriy Hnatov. Umyerov aurait souligné que la priorité de l’Ukraine est de trouver une solution qui préserve son indépendance et sa souveraineté.

Les discussions ont également porté sur la reconstruction de l’Ukraine après la guerre et sur des initiatives économiques conjointes. L’Ukraine, fortement dépendante du soutien américain et européen, s’est dite prête à négocier. Moscou a également exprimé sa disposition à discuter, mais Vladimir Poutine maintient ses exigences, notamment la cession de territoires ukrainiens et l’abandon de toute perspective d’adhésion à l’OTAN. Il accuse Bruxelles et Kiev de bloquer les progrès des négociations.

L’invasion russe a débuté il y a près de quatre ans et, incluant la Crimée, la Russie occupe actuellement environ un cinquième du territoire ukrainien. Cependant, depuis 2022, Moscou n’a pas réussi à prendre le contrôle total de la région du Donbass par la force.

À un autre niveau, la question de l’utilisation des avoirs russes gelés dans l’Union européenne pour financer la reconstruction de l’Ukraine doit être tranchée lors du sommet du 18 décembre. Le chancelier allemand Friedrich Merz (CDU) s’est rendu vendredi à Bruxelles pour tenter de surmonter l’opposition belge à cette proposition. Il a promis au Premier ministre belge Bart de Wever une répartition équitable des risques, selon le porte-parole du gouvernement Stefan Kornelius.

« La préoccupation particulière de la Belgique concernant l’utilisation des avoirs russes gelés est indéniable et doit être abordée par toutes les solutions imaginables, de manière à ce que tous les États européens supportent le même risque », a déclaré Merz. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a également participé à cette réunion. Il a été convenu de poursuivre les discussions afin de parvenir à un accord avant le Conseil européen du 18 décembre. La Belgique détient une part importante de ces actifs, environ 185 milliards d’euros, gérés par l’institution financière Euroclear.

La Commission européenne estime que l’Ukraine pourrait recevoir jusqu’à 90 milliards d’euros de fonds de réparation d’ici fin 2027, à condition que la Russie paie des réparations après la fin de la guerre. Le gouvernement belge a jusqu’à présent bloqué ce projet, invoquant des risques juridiques et financiers.

Par ailleurs, à Kiev, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a limogé son chef de cabinet, Andriy Yermak, de ses fonctions au sein du Conseil de sécurité nationale et de la Stavka, le centre de commandement militaro-politique. Cette décision intervient après des perquisitions menées par des enquêteurs pour corruption au domicile de Yermak, qui avait démissionné de son poste la semaine dernière.

À retenir

  • Les pourparlers de paix sont conditionnés à un engagement sérieux de la Russie.
  • Les frappes russes continuent malgré les discussions diplomatiques.
  • L’utilisation des avoirs russes gelés pour la reconstruction de l’Ukraine reste un point de blocage.

Contexte

Le conflit russo-ukrainien, qui a débuté en 2014 avec l’annexion de la Crimée, s’est intensifié en février 2022 avec une invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie. Les négociations de paix ont été sporadiques et infructueuses jusqu’à présent, en raison des exigences territoriales russes et de la volonté de l’Ukraine de préserver son intégrité territoriale.

Ce qui change

Les discussions récentes, impliquant des émissaires américains et des représentants ukrainiens, pourraient ouvrir la voie à de nouvelles négociations plus sérieuses. La question de l’utilisation des avoirs russes gelés est cruciale pour le financement de la reconstruction de l’Ukraine, mais elle suscite des désaccords entre les États membres de l’UE.

Prochaines étapes

Le sommet européen du 18 décembre sera déterminant pour la décision concernant l’utilisation des avoirs russes gelés. Les prochaines semaines seront également cruciales pour évaluer la volonté de la Russie de s’engager dans des négociations de paix significatives.

Chiffres clés

  • Territoire ukrainien occupé par la Russie : environ 20%
  • Avoirs russes gelés en Belgique : 185 milliards d’euros (environ 195 milliards de dollars américains)
  • Fonds de réparation potentiels pour l’Ukraine : jusqu’à 90 milliards d’euros (environ 98 milliards de dollars américains) d’ici 2027

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.