Les forces américaines ont intensifié leur lutte contre le trafic de drogue en mer des Caraïbes, menant à la destruction d’au moins 21 navires depuis septembre et suscitant des inquiétudes quant au respect du droit international. Parallèlement, la tension monte avec le Venezuela, où des options militaires sont à l’étude par l’administration Trump.
Mardi, l’armée américaine a frappé un navire suspecté de trafic de drogue, entraînant la mort de quatre personnes à bord. Le Pentagone confirme que ce nouvel incident s’inscrit dans le cadre de l’« Opération Southern Spear », une offensive anti-drogue dont les détails restent confidentiels. Au total, au moins 80 personnes ont péri lors des 20 frappes menées jusqu’à présent dans les eaux internationales.
Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a affirmé que ces attaques ciblaient des « narcoterroristes » opérant sur des routes de trafic connues. Cependant, les autorités américaines n’ont fourni aucune preuve concrète étayant l’implication de ces navires dans le trafic de drogue ou leur menace envers les États-Unis.
Cette intensification des opérations militaires soulève des questions juridiques. Volker Türk, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, a appelé à une enquête sur la légalité de ces frappes, évoquant de « fortes indications » d’« exécutions extrajudiciaires ». Certains experts estiment que ces actions pourraient violer le droit international, même si elles visent des trafiquants de drogue.
L’augmentation de la présence militaire américaine dans la région est également notable. Le porte-avions à propulsion nucléaire USS Gerald Ford, le plus grand et le plus avancé de la marine américaine, ainsi que d’autres navires de guerre, ont récemment intégré la zone de responsabilité du Commandement Sud, qui englobe les Caraïbes.
Par ailleurs, des sources proches de la Maison Blanche révèlent que des hauts responsables militaires ont présenté au président Trump des options actualisées pour d’éventuelles opérations au Venezuela, incluant des frappes terrestres. Aucune décision finale n’a encore été prise.
En réponse à cette pression accrue, le Venezuela a annoncé mardi le lancement d’exercices militaires de grande envergure à travers le pays, impliquant environ 200 000 hommes. Le président Nicolás Maduro et de nombreux observateurs estiment que ces manœuvres sont une conséquence directe de la politique américaine, visant à le forcer à quitter le pouvoir.
Lors d’une récente interview accordée à l’émission « 60 Minutes », le président Trump a déclaré : « Je dirais oui. Je pense que oui », lorsqu’il lui a été demandé si les jours de Maduro étaient comptés.
M. Trump a à plusieurs reprises accusé M. Maduro d’être complice de groupes criminels armés impliqués dans le trafic de drogue vers les États-Unis, des accusations que le dirigeant vénézuélien a fermement rejetées.
La Colombie a également réagi à ces événements. Le président colombien Gustavo Petro a ordonné mardi à son pays de cesser de partager des renseignements avec les États-Unis, une directive qui restera en vigueur tant que les frappes contre des navires dans les Caraïbes se poursuivront.