Un pétrolier lié au Venezuela a été saisi par les États-Unis après une course-poursuite de plus de deux semaines en pleine Atlantique. L’opération, qui pourrait exacerber les tensions avec la Russie, intervient dans le cadre d’une campagne américaine visant à faire respecter les sanctions contre Caracas.
Le navire, initialement connu sous le nom de Bella-1 puis rebaptisé Marinera, a été intercepté alors qu’il tentait d’éviter un blocus maritime américain imposé aux navires sanctionnés. Selon des responsables américains, l’équipage a même brièvement arboré un pavillon russe et affirmé naviguer sous protection russe, une demande officiellement adressée aux États-Unis par Moscou pour mettre fin à la poursuite.
L’opération de saisie, menée conjointement par les garde-côtes et l’armée américaine, s’est déroulée en présence de navires militaires russes, dont un sous-marin, selon les mêmes sources. Des images diffusées par les médias russes montrent un hélicoptère américain, vraisemblablement un MH-6 Little Bird, s’approchant du pétrolier.
Ce pétrolier est le dernier d’une série de navires ciblés par les garde-côtes américains depuis le début de l’année, dans le cadre de la politique de pression maximale exercée par l’administration Trump contre le Venezuela. Le mois dernier, les garde-côtes avaient tenté d’arraisonner le Marinera dans les Caraïbes, suspectant une violation des sanctions américaines et un acheminement de pétrole iranien.
À ce stade, les dernières données de localisation indiquent que le navire a effectué une virée brusque vers le sud et a réduit sa vitesse à huit nœuds (environ 15 km/h). Il se trouve désormais à environ 230 kilomètres au sud de l’Islande et semble se diriger vers le nord de l’Écosse. Des avions militaires britanniques et américains ont été repérés quittant le Royaume-Uni en direction de la zone.
Donald Trump avait annoncé en décembre dernier avoir ordonné un « blocus » des pétroliers sanctionnés entrant et sortant du Venezuela, une mesure dénoncée par Caracas comme un acte de « vol ». L’arrestation imminente d’un ancien dirigeant vénézuélien, Nicolás Maduro, samedi dernier, a également été évoquée par Trump, qui accuse régulièrement le gouvernement vénézuélien d’utiliser des navires pour faire passer de la drogue illégalement aux États-Unis.
Selon le commandement européen des États-Unis, le ministère américain de la Justice et de la Sécurité intérieure a annoncé la saisie du M/V Bella 1 en vertu d’un mandat délivré par un tribunal fédéral américain, après une surveillance effectuée par l’USCGC Munro. Par ailleurs, les garde-côtes américains ont intercepté un autre pétrolier lié au Venezuela dans les eaux latino-américaines, renforçant ainsi le « blocus » maritime américain.
Le ministère russe des Affaires étrangères a déclaré s’attendre à ce que les pays occidentaux respectent les principes de liberté de navigation.
