Publié le 14 novembre 2025. Douze jeunes athlètes réfugiés ont été sélectionnés en Ouganda pour intégrer potentiellement la première équipe olympique de la jeunesse réfugiée, en vue des Jeux de Dakar 2026. Cette initiative, portée par World Athletics et la Fondation olympique pour les réfugiés, offre une opportunité unique à ces sportifs de représenter l’espoir au niveau international.
L’athlétisme s’ouvre aux talents réfugiés en Ouganda, avec la sélection de douze athlètes de moins de 18 ans suite à des épreuves de qualification organisées début novembre à Kampala. Cette initiative s’inscrit dans la continuité du programme lancé en 2015 au Kenya et vise à offrir une plateforme aux athlètes contraints à l’exil pour qu’ils puissent s’épanouir à travers le sport.
Parmi les athlètes retenus figurent Alini Asinati et Moise Kalume, spécialistes du sprint, ainsi que Evaline Baako et Emanuel Dhegbo, prometteurs coureurs de demi-fond. Ils rejoindront un groupe d’entraînement intensif, en vue de la sélection finale de l’équipe qui représentera les réfugiés aux Jeux Olympiques de la Jeunesse de Dakar 2026 (30 octobre – 15 novembre). Cette sélection s’ajoute à celle de l’équipe U20 de World Athletics, déjà basée au Kenya.
Les essais de sélection, auxquels ont participé 90 athlètes réfugiés issus de quatre camps (Adjumani, Rwamwanja, Kyangwali et Kampala), se sont déroulés au stade national Mandela de Namboole. Lydia Murungi Tomusange, responsable de programme de l’Association des Volontaires du Service International (AVSI), une ONG italienne présente en Ouganda, a coordonné l’opération avec les différentes communautés de réfugiés.
« Nous souhaitions depuis longtemps inclure un sport individuel, et l’athlétisme nous est apparu comme l’opportunité la plus accessible »,
Lydia Murungi Tomusange, responsable de programme de l’AVSI
Pour beaucoup de ces jeunes athlètes, il s’agissait de leur première expérience de compétition dans un stade et avec des blocs de départ. Ils ont exprimé leur passion pour la course à pied et leur espoir de pouvoir améliorer les conditions de vie de leurs familles grâce au sport.
La cérémonie de sélection a rassemblé plusieurs personnalités du monde sportif et politique ougandais, dont Milton Chebet, secrétaire général adjoint du Conseil national des sports, le Dr Donald Rukare, président du Comité olympique ougandais, Dominic Otucet, président d’Uganda Athletics, et Beatrice Ayikoru, membre du Conseil mondial d’athlétisme et secrétaire générale d’Uganda Athletics. Jackson Tuwei, président d’Athletics Kenya et vice-président de World Athletics, était également présent, symbolisant un « passage de témoin » et un partage d’expérience entre les deux pays. La Fondation olympique pour les réfugiés était représentée par Gonzalo Barrio et Alice Annibali.
« C’est un jour historique, car pour la première fois, nous organisons des sélections pour les réfugiés ici, au stade national. J’avais toujours plaidé pour l’inclusion de l’athlétisme dans les programmes destinés aux réfugiés, et je suis ravi que le Comité olympique ougandais ait accepté cette proposition »,
Dominic Otucet, président d’Uganda Athletics
Impressionné par le niveau des athlètes, Jackson Tuwei a souligné : « Le sport est un droit pour tous, et nous ne devons laisser personne de côté, en particulier ceux qui ont du talent mais n’ont pas toujours les mêmes opportunités. »
L’Ouganda, qui accueille près de 2 millions de personnes déplacées ou apatrides à la fin de 2024, selon le HCR, a adopté une politique d’ouverture en matière d’accueil des réfugiés, principalement originaires du Soudan et de la République démocratique du Congo. Cependant, le pays fait face à des difficultés financières, recevant moins de 40 % des 361 millions de dollars annuels nécessaires à ses programmes d’aide aux réfugiés en 2025.
Alice Annibali a précisé : « L’athlétisme a toujours été un sport ouvert aux athlètes réfugiés de haut niveau. Nous sélectionnons certains d’entre eux pour participer à nos événements internationaux, leur offrons un accompagnement complet et les traitons comme n’importe quel autre athlète d’élite. » Elle a également souligné l’importance de la sensibilisation à la protection des athlètes et de la création d’un environnement sûr et bienveillant.
Le programme des athlètes réfugiés, initié en 2016 par le Comité international olympique et le HCR, vise à offrir aux sportifs déplacés par la guerre et les persécutions la possibilité de participer aux Jeux olympiques. Le Kenya, et plus particulièrement le camp de réfugiés de Kakuma, a joué un rôle majeur dans la constitution de la première équipe olympique des réfugiés aux Jeux de Rio 2016.
Les jeunes athlètes ougandais peuvent s’inspirer de parcours comme celui de Beatrice Ayikoru, elle-même ancienne réfugiée et coureuse de fond, ainsi que bénéficier des conseils du marathonien Eliud Kipchoge, qui continuera d’assurer son rôle de mentor officiel de l’équipe en 2026.
« Mon propre vécu m’a permis de comprendre l’impact positif que peut avoir un accompagnement sur les athlètes réfugiés. Je veux leur montrer la voie et les encourager à croire en leurs capacités, car ils sont nos égaux »,
Eliud Kipchoge, marathonien et mentor de l’équipe
Darren Allan Kyeyune pour World Athletics
L’équipe d’athlètes réfugiés U18 en Ouganda
Femmes
100m : Alini Asinati (Soudan du Sud)
200m : Ali Plus d’amour (Soudan du Sud)
400m : Amide Bénédictions (Soudan du Sud)
800m : Flavie allons-y (Soudan du Sud), Florence Je suis désolé (Soudan du Sud)
1500m : Evaline Un (Soudan du Sud)
Hommes
100m : Emmanuel Tlasyaw (Soudan du Sud)
200m : Moïse Kaloumé (Soudan du Sud)
400m : Bhut Mariel (Soudan du Sud)
800m : Rachid Rochene (Soudan du Sud)
1500m : Emmanuel Oreilles (Soudan du Sud)
3000m : Tissu Clément (Soudan du Sud)