Publié le 22 octobre 2025 à 16h30. Un plan de paix en 28 points, élaboré avec le soutien de l’administration Trump, propose des concessions territoriales majeures à la Russie en Ukraine, suscitant des réactions mitigées et des interrogations sur la viabilité d’un tel accord.
- Le plan prévoit la cession des régions de Donetsk et Louhansk à la Russie.
- La Crimée serait reconnue de facto comme territoire russe, avec l’approbation potentielle des États-Unis.
- Kyiv devrait réduire ses forces armées à 600 000 hommes et renoncer à son adhésion à l’OTAN.
Un projet de paix visant à mettre fin au conflit en Ukraine, soutenu par l’ancien président américain Donald Trump, envisage des concessions territoriales significatives à la Russie. Ce plan, détaillé dans un document de 28 points consulté par l’agence AFP, propose notamment que Kyiv cède les régions de Donetsk et Louhansk à Moscou.
Le texte prévoit également la reconnaissance « de facto » de l’annexion de la Crimée par la Russie, une concession qui, selon les sources, pourrait être acceptée par les États-Unis. L’initiative aurait été élaborée en secret au cours du dernier mois par Steve Witkoff, l’envoyé spécial américain, et le sénateur Marco Rubio.
La Maison Blanche a toutefois précisé que ce document était encore en cours de discussion et qu’il n’existait pas de version définitive. Un haut responsable américain a expliqué que le projet de paix inclut des garanties de sécurité pour l’Ukraine, comparables à celles offertes par les États-Unis dans le cadre de l’OTAN.
Le plan propose également un partage des régions de Kherson et Zaporizhzhia le long de la ligne de front actuelle, alors que l’Ukraine fait face à une offensive russe qui a causé au moins cinq morts à Zaporizhzhia dans la nuit de jeudi à vendredi.
Selon le document, Kyiv devrait également réduire ses forces armées à 600 000 hommes, et l’OTAN s’engagerait à ne pas déployer de troupes sur le sol ukrainien. Les avions européens destinés à soutenir l’Ukraine resteraient stationnés en Pologne.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré, après une rencontre avec une délégation du Pentagone, que tout processus de paix devait aboutir à une « paix digne » pour l’Ukraine, respectant son indépendance, sa souveraineté et sa dignité. Le bureau du président ukrainien a ajouté que Zelensky espérait discuter des détails du plan directement avec Trump dans les prochains jours.
La porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, a confirmé que le plan pour l’Ukraine était toujours en cours de négociation et de révision, et a assuré qu’il bénéficiait du soutien de Donald Trump.
« C’est un bon plan pour la Russie et l’Ukraine, et nous pensons qu’il devrait être acceptable pour les deux parties. »
Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche
Washington est en dialogue direct avec Kiev et Moscou, cherchant à apaiser les inquiétudes concernant un éventuel parti pris en faveur des demandes russes, a-t-elle ajouté.
Le président russe Vladimir Poutine s’est rendu jeudi à un poste de commandement de ses troupes occidentales, sans que le Kremlin ne précise si l’emplacement se trouvait en territoire russe ou ukrainien. Sur le front, Moscou revendique le contrôle de Koupiansk, une ville clé de l’est de l’Ukraine, ce que l’armée ukrainienne dément.
Le plan de paix prévoit également la signature d’un « accord de non-agression » entre la Russie, l’Ukraine et l’Europe. Kyiv devrait renoncer à son aspiration à adhérer à l’OTAN, tout en se voyant offrir la possibilité de postuler à l’adhésion à l’Union européenne, répondant ainsi à une des principales revendications de Moscou.
La Russie serait également pleinement réintégrée dans l’économie internationale, avec le rétablissement des relations commerciales et son retour au G8, groupe dont elle a été exclue après l’annexion de la Crimée en 2014.
Concernant la centrale nucléaire de Zaporizhzhia, le texte indique qu’elle serait réactivée sous la supervision de l’ Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), et sa production d’électricité serait répartie à parts égales entre l’Ukraine et la Russie.
Un haut responsable du gouvernement ukrainien a critiqué l’élaboration de telles propositions par Moscou et leur approbation potentielle par Washington, soulignant qu’il n’était « pas clair » quels engagements la Russie prendrait en retour.
Les alliés européens ont quant à eux souligné que tout accord devait prévoir la participation de l’Union européenne et du gouvernement ukrainien lui-même.
« Pour qu’un plan fonctionne, les Ukrainiens et les Européens doivent être impliqués. »
Kaja Kallas, chef de la diplomatie européenne
(Avec informations de l’AFP)
À ne pas manquer
