Home AffairesLes tarifs sont de retour – et ils donnent de l’énergie au personnage principal

Les tarifs sont de retour – et ils donnent de l’énergie au personnage principal

by Amélie Bernard

Les marchés financiers sont marqués par une nervosité croissante, exacerbée par la menace de nouvelles sanctions douanières américaines. Les investisseurs anticipent désormais un assouplissement monétaire plus important de la part de la Réserve fédérale, tandis que l’incertitude plane sur les perspectives économiques mondiales.

La tension est palpable. Les banques régionales montrent des signes de fragilité, les marchés du crédit se resserrent et la volatilité boursière s’intensifie. Les actions sont en baisse, tandis que l’or continue de grimper, signe d’un refuge recherché par les investisseurs.

Au cœur des préoccupations, les menaces tarifaires proférées par l’ancien président Trump. Il envisage d’imposer des droits de douane supplémentaires de 100 % sur les produits chinois avant sa rencontre prévue avec le président Xi à la fin du mois. Une telle mesure porterait le taux moyen des droits de douane américains à 31 %, un niveau jamais atteint depuis les tensions commerciales de 2018, selon une analyse d’ING.

La réaction du marché à cette annonce a été notable, d’autant plus que les précédentes menaces de Trump avaient souvent été ignorées. Cela suggère que les investisseurs prennent désormais plus au sérieux le risque d’une escalade des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine. Lynn Song, analyste, souligne que la Chine a démontré une résilience surprenante face aux droits de douane américains, grâce à une demande intérieure soutenue et à une diversification de ses exportations vers des marchés moins dépendants des États-Unis.

Les marchés anticipent désormais une intervention plus marquée de la Fed. Les investisseurs parient sur des baisses de taux plus importantes pour compenser l’impact négatif des tarifs douaniers sur la croissance économique. Les données économiques américaines, qui seront publiées vendredi prochain, seront scrutées à la loupe. Les économistes s’attendent à des pressions inflationnistes supplémentaires dues aux droits de douane, mais estiment que les entreprises pourraient être contraintes d’absorber ces coûts ou de les répercuter sur les consommateurs.

James Knightley, économiste chez ING, met en particulier l’accent sur les prix des automobiles, un secteur fortement touché par les tarifs américains. Il prévoit une hausse des prix dans les prochains mois, d’autant plus qu’un incendie chez un important fournisseur d’aluminium pourrait aggraver la situation.

Cependant, l’impact des tarifs douaniers pourrait être étalé dans le temps, ce qui limiterait le pic inflationniste. Cela pourrait permettre à la Fed de poursuivre sa politique de désinflation, avec quatre nouvelles baisses de taux prévues d’ici la fin de l’année, selon les prévisions d’ING.

L’avenir des tarifs douaniers est également entre les mains de la Cour suprême, qui examinera début novembre la légalité de l’utilisation des pouvoirs d’urgence pour imposer des droits de douane à grande échelle. De nombreux juristes estiment que cette pratique pourrait être invalidée, ce qui obligerait l’administration américaine à revoir sa politique commerciale. Si tel était le cas, le président pourrait se voir contraint d’imposer de nouveaux tarifs dans le cadre de l’article 122, qui lui permet d’appliquer des droits de douane de 15 % pendant une période maximale de 150 jours.

Une décision défavorable à l’administration pourrait également entraîner un chaos financier, les entreprises devant être remboursées des droits de douane déjà payés. L’incertitude quant à la future politique commerciale pourrait également peser sur la confiance des investisseurs.

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