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Les vainqueurs américains de Formule 1 | COUREUR

by Camille Renault

Publié le 9 octobre 2024 00:42:00. En soixante-quinze ans de Formule 1, seulement cinq pilotes américains ont réussi à remporter un Grand Prix, dont deux ont décroché le titre mondial. Le magazine RACER revient sur le parcours de ces champions, et notamment sur celui de Dan Gurney, une figure emblématique du sport automobile.

  • Dan Gurney a participé à 86 Grands Prix entre 1959 et 1970, remportant quatre victoires.
  • Son meilleur résultat au Championnat du Monde de Formule 1 est une quatrième place, obtenue en 1961 et 1965.
  • Gurney a connu des moments de gloire avec Brabham, mais aussi de frustration, souvent à cause de problèmes mécaniques.

Daniel Sexton Gurney avait déjà disputé 26 Grands Prix lorsqu’il s’est engagé avec Brabham pour la saison de Formule 1 1963. Il avait auparavant piloté une Ferrari 246 Dino vieillissante, obtenant deux podiums en 1959, puis une BRM P48 peu fiable, avec seulement deux arrivées en 1960. Il a ensuite passé deux saisons avec Porsche, une première expérience en F1 couronnée de plusieurs podiums en 1961, et même d’une victoire à Rouen, ainsi que d’une pole position et d’une troisième place au Nürburgring en 1962, au volant de la 804, une voiture exceptionnelle. Gurney était rapide, courageux et possédait une grande intelligence technique – toutes les qualités que Jack Brabham recherchait pour son équipe, créée seulement deux ans auparavant.

Le choix de Brabham s’est avéré judicieux : lorsque la Brabham-Climax BT7 de Gurney franchissait la ligne d’arrivée, elle obtenait de bons résultats. Dan a accumulé trois podiums et a terminé cinquième du championnat en 1963. L’année suivante, avec une BT7 améliorée, Gurney a brillé. Il ne s’est jamais qualifié en dessous de la cinquième place et a passé la saison à se battre avec Jim Clark, John Surtees et Graham Hill. Cependant, des abandons fréquents ont ruiné ses chances de titre. On se souvient notamment d’une casse de boîte de vitesses alors qu’il était deuxième à Monaco, d’un volant cassé à Zandvoort et d’une panne d’essence dans le dernier tour à Spa, après avoir dominé le week-end.

Pourtant, le succès est revenu à Rouen (encore une fois). Gurney a été battu en pole position par Clark et a dû le suivre pendant 30 tours, mais lorsque le moteur de la Lotus a rendu l’âme, Dan a pris la tête et a remporté la course. Clark avait profité d’un problème de Gurney à Spa, et cette victoire semblait être une forme de justice. Brabham, arrivé troisième, était fier de voir sa marque remporter un Grand Prix. Malheureusement, la chance de Gurney a été éphémère : problèmes d’allumage à Brands Hatch, surchauffe au Nürburgring, casse de suspension alors qu’il était en tête à Zeltweg, panne d’alternateur alors qu’il se battait pour la victoire à Monza, et enfin, une pression d’huile instable alors qu’il était deuxième à Watkins Glen… Les ennuis s’accumulaient.

Lors de la finale à Mexico, Clark a mené presque toute la course, suivi de près par Gurney. Mais la Lotus a souffert d’une fuite d’huile et son moteur a calé à deux tours de l’arrivée. Dan a ainsi remporté la victoire aux dépens de son ami, mais les deux hommes pouvaient se consoler mutuellement : Jimmy avait mené huit Grands Prix, Dan sept, et ils ont terminé respectivement troisième et sixième au classement final du championnat.

En 1965, Lotus a repris l’ascendant, et la Brabham BT11, moins avancée technologiquement, a été dépassée. Gurney a cependant tiré le meilleur parti de sa voiture, montant sur le podium lors des cinq derniers Grands Prix et terminant quatrième du championnat. Néanmoins, rien ne pouvait égaler la joie de sa première victoire avec Brabham à Rouen en 1964. Gurney a ensuite tiré les leçons de son expérience avec l’équipe pour se lancer dans de nouveaux projets…

Quitter Brabham pour développer All American Racers en Formule 1, sous le nom d’Anglo American Racers, était typique de Dan Gurney. Une aventure audacieuse avec une voiture magnifique, l’Eagle, initialement équipée d’un Climax de 2,8 litres, puis dotée du puissant mais complexe V12 Weslake de 3 litres.

Gurney a remporté une course à Spa-Francorchamps, mais son départ de Brabham lui a peut-être coûté deux titres mondiaux, car il était plus rapide que Jack Brabham et son successeur, Denny Hulme, qui ont remporté les championnats de 1966 et 1967 respectivement.

Les F1 Eagles ont échoué en 1968, et AAR a utilisé une McLaren privée pour les trois derniers Grands Prix. Après une année consacrée à la campagne Indycar d’AAR en 1969, Gurney est brièvement revenu en F1 au milieu des années 1970 pour remplacer le tragiquement disparu Bruce McLaren, mais l’attrait de la Formule 1 s’était estompé. Gurney s’était alors pleinement consacré à son rôle de constructeur et de propriétaire d’équipe de l’autre côté de l’Atlantique.

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