La Lettonie est sur le point de devenir le premier pays de l’Union européenne à se retirer de la Convention d’Istanbul, un traité international visant à lutter contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique. Cette décision, adoptée par le Parlement letton, suscite de vives inquiétudes quant à la protection des droits des femmes dans le pays.
Monica Costa Riba, chargée de campagne sur les droits des femmes à Amnesty International, a exprimé sa profonde préoccupation face à cette situation. « Le retrait de la Lettonie de la Convention d’Istanbul porterait un coup dévastateur à la protection et aux droits des femmes et des filles du pays et de toutes les personnes confrontées à la violence domestique », a-t-elle déclaré. « Cela envoie un message imprudent et dangereux aux auteurs de ces actes, selon lequel ils peuvent abuser et tuer des femmes et des filles en toute impunité. »
Amnistie Internationale exhorte le président letton à opposer son veto à cette loi. « Nous exhortons le président letton à faire le bon choix et à utiliser son veto pour empêcher la Lettonie de se retirer de la Convention d’Istanbul », a insisté Monica Costa Riba. L’organisation dénonce l’influence de groupes opposés aux droits des femmes, qu’elle accuse de diffuser de fausses informations pour discréditer le traité.
« Cette décision a été motivée par de puissants groupes anti-droits qui diffusent une désinformation néfaste sur cette garantie vitale afin de diaboliser l’égalité des sexes, les droits des femmes et des personnes LGBTI », a-t-elle ajouté.
La Convention d’Istanbul, adoptée par le Conseil de l’Europe en 2011 et entrée en vigueur en 2014, est le premier traité européen spécifiquement dédié à la prévention et à la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique. Elle définit des normes minimales en matière de prévention, de protection, de poursuites et de politiques intégrées.
La Lettonie a ratifié la Convention en novembre 2023 et elle est entrée en vigueur sur son territoire en mai 2024. Si le président letton signe le projet de loi, le pays suivra l’exemple de la Turquie, qui s’est retirée de la Convention en 2021, une décision largement condamnée par la communauté internationale.
À ce jour, 39 États membres du Conseil de l’Europe ont ratifié la Convention d’Istanbul, tandis que 45 l’ont signée. L’Union européenne a également ratifié le traité en juin 2023. L’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Bulgarie, la République tchèque, la Hongrie, la Lituanie et la Slovaquie ne l’ont pas encore adoptée.
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