Publié le 24 mars 2025 10h00. L’Indonésie renforce sa législation pour protéger les enfants en ligne, en imposant des sanctions aux plateformes numériques qui ne respectent pas les nouvelles règles relatives au filtrage des contenus et à la vérification de l’âge. Le pays devient ainsi le deuxième au monde, après l’Australie, à adopter une telle approche.
- Le ministère indonésien de la Communication et des Affaires numériques va mettre en place un système de sanctions pour les plateformes numériques ne respectant pas le règlement gouvernemental n° 17 de 2025.
- Ce règlement impose aux plateformes de filtrer les contenus préjudiciables, de vérifier l’âge des utilisateurs, d’interdire le profilage commercial des données des enfants et de proposer des mécanismes de signalement transparents.
- Plus de 5,5 millions d’éléments de pédopornographie ont été signalés en Indonésie entre 2021 et 2024, et 89 % des enfants de cinq ans et plus utilisent Internet, principalement les réseaux sociaux.
Jakarta s’apprête à durcir sa lutte contre la cybercriminalité et l’exploitation numérique des enfants. Le ministère indonésien de la Communication et des Affaires numériques (Kominfo) travaille activement à la mise en œuvre d’un système de sanctions strictes à l’encontre des plateformes numériques qui ne se conformeraient pas au nouveau règlement gouvernemental n° 17 de 2025, entré en vigueur le 27 mars 2025. Cette initiative place l’Indonésie en pionnier, après l’Australie, dans la régulation de l’accès des enfants au monde numérique.
Le règlement impose un ensemble de mesures contraignantes aux plateformes. Elles devront notamment filtrer les contenus jugés préjudiciables pour les mineurs, mettre en place des systèmes de vérification de l’âge des utilisateurs, interdire le profilage commercial des données personnelles des enfants et garantir la transparence des procédures de signalement et de résolution des problèmes.
La ministre de la Communication et des Affaires numériques, Meutya Hafid, a précisé que les sanctions viseraient les plateformes elles-mêmes, et non les individus.
« Ces sanctions seront imposées aux plateformes, pas aux mères ou aux enfants. »
Meutya Hafid, ministre de la Communication et des Affaires numériques
Elle a également souligné que le gouvernement adopterait une approche progressive dans l’application de ces sanctions, laissant le temps aux plateformes de s’adapter.
Cette décision intervient dans un contexte alarmant. Le Centre national pour les enfants disparus et exploités (NCMEC) a recensé plus de 5,5 millions d’éléments de pédopornographie en Indonésie entre 2021 et 2024. Parallèlement, les données de Statistics Indonesia (BPS) révèlent que 89 % des enfants de cinq ans et plus sont connectés à Internet, principalement via les réseaux sociaux.
Le gouvernement indonésien, sous la direction du président Prabowo Subianto, affiche sa détermination à protéger sa jeunesse. Le ministère de la Communication et des Affaires numériques collabore étroitement avec le ministère de l’Autonomisation des femmes et de la Protection de l’enfance pour sensibiliser les familles aux risques du numérique et promouvoir une culture de sécurité en ligne, dans le but de former de futurs leaders « intelligents, tolérants et éthiques ».
Si la ministre Hafid anticipe une possible résistance de la part des entreprises, elle réaffirme l’engagement du gouvernement à mettre en œuvre cette réglementation cruciale pour l’avenir des enfants indonésiens.
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