L’or a connu un repli sensible ce mardi, sous l’impulsion d’un regain d’optimisme concernant les relations commerciales sino-américaines. Cette évolution marque un changement de cap, le sentiment géopolitique prenant le pas sur les préoccupations inflationnistes dans l’orientation des investissements.
Le prix au comptant de l’or a chuté de 0,8 %, atteignant 1 932 $ l’once (4 078 $ l’once), reflétant un désintérêt croissant des investisseurs pour les actifs refuges au profit de placements plus risqués. Cette tendance s’est confirmée après les déclarations encourageantes du secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, qui a qualifié de « constructives » les discussions commerciales en Malaisie. « Ces échanges laissent entrevoir un possible dégel dans la plus importante relation commerciale bilatérale au monde », a-t-il déclaré.
Ce ton plus conciliant a ravivé l’espoir d’une coordination politique et d’une normalisation des échanges, ce qui tend à réduire la demande de couvertures traditionnelles contre les risques économiques. Les marchés interprètent ces signaux comme une volonté de Washington et de Pékin de stabiliser les flux commerciaux, après des mois de perturbations dans les chaînes d’approvisionnement et les exportations technologiques.
Parallèlement, les chiffres de l’inflation américaine, publiés en septembre, ont progressé de 3 % sur un an, un chiffre légèrement inférieur aux prévisions. Bien qu’une inflation plus faible puisse généralement soutenir le cours de l’or en réduisant les rendements réels, la réaction du marché a été modérée, soulignant un certain découplage entre le métal précieux et les anticipations concernant les taux d’intérêt.
L’indice du dollar (DXY) est resté stable, autour de 103,9, indiquant un équilibre entre la dynamique des taux réels et les flux de devises. Cette stabilité a limité le potentiel de hausse de l’or, les investisseurs ne trouvant pas de catalyseur immédiat dans les données sur l’inflation.
Les marchés boursiers asiatiques et les contrats à terme américains ont réagi positivement à cette évolution. L’indice MSCI Asie-Pacifique a gagné 0,4 %, après une hausse de 0,2 % avant l’ouverture de New York. Les secteurs cycliques, tels que les produits industriels et les semi-conducteurs, ont été en tête de cette progression, dans l’attente d’une amélioration de la confiance dans le secteur manufacturier mondial.
Les prix du pétrole se sont maintenus à près de 84 $ le baril, suggérant une demande énergétique stable, tandis que le cuivre a légèrement augmenté, confirmant une amélioration des perspectives de croissance.
À ce stade, le marché de l’or reste caractérisé par un nombre important de positions longues accumulées pendant les périodes d’incertitude géopolitique et de faiblesse du dollar. Le récent recul pourrait donc traduire des prises de bénéfices, les investisseurs se tournant vers des actifs liés à la croissance mondiale.
Les avoirs en or des fonds négociés en bourse ont atteint un plateau ces dernières semaines, et les données sur les contrats à terme indiquent une légère réduction des positions longues nettes spéculatives. Ces tendances suggèrent un ralentissement de la dynamique à court terme, même si les achats des banques centrales continuent de fournir un soutien structurel.
Les analystes prévoient une consolidation du cours de l’or autour de 1 900 $ (4 000 $) jusqu’en novembre, le temps que les marchés évaluent l’équilibre entre l’optimisme commercial et les risques macroéconomiques. Une amélioration durable des relations entre les États-Unis et la Chine, ou une nouvelle atténuation des tensions sur l’offre mondiale, pourraient limiter la demande de valeurs refuges. À l’inverse, de nouvelles tensions géopolitiques ou des données de croissance plus faibles aux États-Unis pourraient inverser la tendance actuelle.
Les prochains chiffres de l’inflation américaine, les commentaires de la Réserve fédérale sur les trajectoires des taux d’intérêt et les mises à jour sur les négociations commerciales en Asie-Pacifique seront des éléments clés à surveiller. La volatilité pourrait rester modérée à court terme, mais l’interaction entre les politiques budgétaires et la normalisation commerciale déterminera si l’or reprendra son ascension au cours du prochain trimestre.
Pour les investisseurs, cette faiblesse actuelle de l’or doit être considérée comme un recalibrage plutôt qu’un renversement de tendance. L’opportunité réside dans l’accumulation progressive lors des baisses, en profitant du soutien structurel. Le principal risque reste une reprise durable de l’appétit pour le risque à l’échelle mondiale, qui détournerait les capitaux des actifs défensifs. Un changement décisif des rendements réels ou un dollar plus fort inciteraient à la prudence, mais tant que l’incertitude géopolitique et budgétaire persistera, l’attrait stratégique de l’or restera intact.
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