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Maroc : Fièvre du football et manifestations de jeunes | MO | 22 12 2025 | 13h00

by Camille Renault

Publié le 22 décembre 2025, 13h00. Le Maroc, en pleine préparation pour la Coupe du Monde de football 2030, affiche une ambition grandissante sur la scène internationale, mais cette dynamique s’accompagne de fortes tensions sociales, notamment au sein de sa jeunesse qui dénonce un déséquilibre des priorités.

  • Le Maroc investit massivement dans des infrastructures sportives, notamment la construction du plus grand stade de football du monde à Casablanca.
  • Une vague de protestations, la plus importante depuis le Printemps arabe de 2011, secoue le pays, portée par une jeunesse réclamant des investissements accrus dans la santé, l’éducation et l’emploi.
  • Le gouvernement marocain renforce ses liens avec l’Union européenne en matière de migration, en échange d’un soutien à ses revendications sur le Sahara occidental.

Le Maroc semble vouloir affirmer sa position de puissance régionale montante. Le royaume nord-africain est actuellement engagé dans un programme de construction ambitieux, notamment en vue de la Coupe du Monde masculine de football 2030, qu’il accueillera conjointement avec l’Espagne et le Portugal. Le futur stade de Casablanca, avec une capacité de 115 000 spectateurs, symbolise cette volonté de se faire connaître sur la scène internationale. Le pays a également investi massivement dans ses infrastructures sportives pour accueillir la Coupe d’Afrique des Nations, qui se déroule du 21 décembre au 18 janvier. Sur les neuf sites accueillant les 24 équipes africaines, quatre ont été récemment construits et cinq ont été rénovés.

Cette effervescence dans le secteur de la construction contraste fortement avec la situation sociale du pays. Depuis mi-septembre, le Maroc est le théâtre de manifestations d’une ampleur inédite depuis 2011. Le point de départ de cette colère a été une série de décès de femmes suite à des complications lors d’accouchements par césarienne dans l’hôpital public Hassan II à Agadir, un établissement ouvert en 1967 et qui n’a jamais bénéficié de travaux de rénovation. Les manifestants, principalement issus de la génération Z (nés entre 1995 et 2010), dénoncent le manque de moyens et de personnel dans les hôpitaux, ainsi que le manque d’opportunités pour les jeunes. Un quart des Marocains âgés de 15 à 24 ans sont sans emploi ni formation, ce qui alimente un sentiment d’inégalité et de frustration.

Les revendications des manifestants sont claires : ils demandent un rééquilibrage des priorités, avec davantage d’investissements dans les services publics essentiels. Ils expriment leur colère sur les réseaux sociaux, notamment via la plateforme de jeux Discord, et n’hésitent pas à exprimer leur mécontentement publiquement.

Parallèlement à ces tensions internes, le gouvernement marocain s’efforce de renforcer sa position sur la scène internationale. La coopération avec l’Union européenne en matière de lutte contre l’immigration est un axe majeur de cette stratégie. En échange d’une aide financière pour contrôler les flux migratoires vers l’Europe, le Maroc espère obtenir la reconnaissance de sa souveraineté sur le Sahara occidental, territoire qu’il occupe depuis 1975. Cette région, riche en ressources naturelles, est également revendiquée par le Front Polisario, soutenu par l’Algérie. Une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée en novembre, a toutefois ouvert la voie à une possible reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, une position soutenue par 14 pays de l’UE, dont l’Autriche.

Les manifestations ont diminué en intensité ces dernières semaines, mais les organisations de défense des droits humains dénoncent des arrestations arbitraires et des violences policières. La “génération Z” a même appelé au boycott de la Coupe d’Afrique des Nations, en signe de protestation contre les priorités du gouvernement.

L’avenir de la jeunesse marocaine reste incertain. Les élections générales de septembre 2026 pourraient être un moment clé pour évaluer l’impact de ces tensions sociales et politiques. La question de la position du Maroc entre l’Europe, l’Afrique et le monde arabe reste également au cœur des enjeux.

Pour approfondir ces questions, Marina Wetzlmaier a interrogé Steven Höfner, responsable du bureau de la Fondation Konrad Adenauer au Maroc, et Ingrid Heidlmayr, une Autrichienne vivant à Rabat depuis 15 ans et travaillant dans le domaine du travail social en matière de migration internationale. Elle a également étudié les processus de transformation politique et de démocratisation au Maroc.

Pour toute information complémentaire, vous pouvez contacter l’émission au 0800 22 69 79 (gratuit en Autriche) ou par e-mail à punkteins(at)orf.at.

Liste de lecture

Sous-titre : Mamadou Ba
Titre : Pas de frontières
Interprète : Malika Zarra
Label : Enja Records

Sous-titre : Yacir Rami
Titre : Fasl
Interprète : Oum
Étiquette : Village Mondial

Sous-titre : Ibrahim Maalouf
Titre : S3NS
Interprète : Ibrahim Maalouf
Étiquette : Monsieur le BIE

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