Ces molécules organiques, associées à des minéraux de carbonate et de sulfate, renforcent l’hypothèse qu’une vie microbienne ancienne a pu exister sur Mars il y a des milliards d’années.
L’identification de carbone complexe sur la surface de roches martiennes marque un tournant dans l’exploration de Mars. Si la présence de molécules organiques n’est pas une preuve absolue de vie, la nature et la localisation de ces découvertes récentes suggèrent un environnement autrefois propice à la biologie.
Le carbone macromoléculaire du cratère Jezero
L’instrument SHERLOC du rover Perseverance a cartographié la distribution de matières organiques dans deux mudstones situés dans la zone de Bright Angel, une région rocheuse bordant la vallée ancienne de Neretva Vallis. Les analyses ont révélé des centaines de détections organiques, ce qui constitue, selon un document décrivant ces observations, la détection organique la plus robuste à ce jour dans le cratère Jezero.

L’importance de cette découverte réside également dans le contexte géologique. Ces composés sont associés à des minéraux de carbonate et de sulfate.
Les taches de léopard de Cheyava Falls
Parallèlement à la détection du carbone, Perseverance a analysé une roche nommée Cheyava Falls. Cette pierre présente des motifs distinctifs, qualifiés de taches de léopard.

Ces types de marquages peuvent être créés par une chaleur intense ou des températures extrêmement acides, mais ces conditions ne sont pas considérées comme ayant existé dans cette zone. Toutefois, les marquages peuvent également être formés par la présence de vie. Si ce rocher ne constitue pas une preuve concluante de vie passée sur Mars, il fournit des données significatives.
Toutefois, la prudence reste de mise. Certains chercheurs soulignent que l’absence d’explication alternative immédiate ne constitue pas une preuve.
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La diversité moléculaire révélée par Curiosity
Pendant que Perseverance explore Jezero, le rover Curiosity continue de fournir des données cruciales depuis le cratère Gale. Une étude publiée dans Nature Communications a identifié sept nouveaux composés organiques sur Mars.
Les chercheurs pensent que cette matière organique a pu être préservée sur Mars pendant plus de 3,4 milliards d’années.
Il n’est pas encore possible de déterminer si ces composés ont été apportés par une météorite, formés par des processus géologiques ou s’ils sont liés à une vie ancienne sur Mars.
Le débat sur la détection de la vie : de Viking aux missions futures
La mission Viking a atterri sur Mars le 20 juillet 1976. Elle transportait trois expériences de détection de vie : deux cherchaient une vie autotrophe, et la troisième, l’expérience de libération marquée, testait la respiration microbienne. Cependant, un quatrième instrument, le spectromètre de masse en chromatographie en phase gazeuse (GCMS), n’a détecté aucun matériau organique dans le sol martien, ce qui a conduit à la conclusion que Viking n’avait pas trouvé de vie sur Mars.

Aujourd’hui, la stratégie a évolué vers la recherche de biosignatures et de molécules préservées. Les scientifiques utilisent des environnements analogues sur Terre pour tester des équipements et comprendre ce que l’on peut attendre d’une mission de détection de vie.
L’incertitude demeure quant à savoir si ces molécules sont indigènes ou d’origine météorique. Cependant, la confirmation que des organiques complexes peuvent survivre des milliards d’années dans le sous-sol martien ouvre une fenêtre inédite sur l’histoire prébiotique du système solaire.
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