Le monde du cinéma est en deuil après la mort tragique de Rob Reiner et de son épouse, Michele, retrouvés décédés à leur domicile de Los Angeles le 14 décembre. Leur fils, Nick, a été inculpé pour meurtre, souffrant de schizophrénie, selon les premiers éléments de l’enquête.
Martin Scorsese, ami de longue date du couple, a rendu un hommage poignant, qualifiant les faits d’une « obscénité, un abîme dans la réalité vécue ». Dans un article publié dans le New York Times, le réalisateur de Les Affranchis a exprimé sa profonde tristesse et son sentiment d’incompréhension face à cette perte.
Scorsese et Reiner s’étaient rencontrés dans les années 1970 et avaient collaboré à plusieurs reprises, notamment sur Le Loup de Wall Street. Le cinéaste a souligné leur affinité naturelle et le sens de l’humour de Reiner, « hilare et parfois mordant, mais jamais envahissant ». Il se souvient de son rire communicatif, capable de précéder même le dénouement d’une blague, comme lors d’un hommage rendu à Reiner au Lincoln Center.
Parmi la filmographie de Reiner, Scorsese a particulièrement apprécié le thriller Misery, saluant la performance exceptionnelle de Kathy Bates. Il a également évoqué avec affection This Is Spinal Tap, le faux documentaire culte qui a marqué le début et la fin de la carrière de 40 ans du réalisateur.
Scorsese a confié avoir immédiatement pensé à Reiner lorsqu’il a fallu trouver l’interprète du père de Leonardo DiCaprio dans Le Loup de Wall Street. Il décrit Reiner comme un improvisateur talentueux, un maître de la comédie, capable de travailler en harmonie avec DiCaprio et l’ensemble de l’équipe. « Il comprenait la condition humaine de son personnage : un homme aimant son fils, heureux de son succès, mais conscient de son destin funeste », a-t-il écrit.
Le réalisateur conclut son hommage en exprimant l’espoir que le temps apaisera « cet abîme » de la perte, tout en choisissant d’imaginer Rob et Michele Reiner en pleine vie. Il se dit « chanceux » d’avoir connu le couple.
