Publié le 17 janvier 2026 à 13h18. L’acteur américain Matthew McConaughey prend une mesure inédite pour protéger son identité numérique face à l’essor de l’intelligence artificielle, déposant des marques sur son image, sa voix et même des répliques cultes.
- Matthew McConaughey a déposé huit marques distinctes auprès de l’Office américain des brevets et des marques (USPTO) pour protéger son image et sa voix.
- Cette démarche vise à encadrer l’utilisation de son identité numérique par les sociétés d’IA, notamment après des controverses comme celle impliquant Scarlett Johansson et OpenAI.
- L’acteur ne s’oppose pas à l’IA, mais souhaite définir clairement les règles du consentement et de l’attribution dans un monde où la technologie peut reproduire son apparence et sa voix.
L’acteur texan, connu pour ses rôles dans Vrai détective, Magic Mike et Dallas Buyers Club, ne se contente pas de déplorer les risques liés à l’intelligence artificielle. Il agit. McConaughey a déposé auprès de l’Institut américain de la propriété intellectuelle des enregistrements vidéo de son image et de sa voix, afin de prévenir toute utilisation non autorisée par des entreprises spécialisées dans l’IA.
Cette initiative intervient dans un contexte de vives préoccupations concernant le détournement de l’identité des personnalités publiques. Récemment, l’assistant vocal de ChatGPT 4.0, baptisé Sky, a suscité la polémique en raison de sa ressemblance troublante avec la voix de Scarlett Johansson – au point qu’OpenAI a dû faire marche arrière. L’actrice avait également poursuivi l’application Lisa AI pour la création, sans son accord, d’un avatar à son effigie utilisé dans une publicité. Comme le rappelle Télérama, le cas de Johansson, déjà associée à l’IA dans le film Her de Spike Jonze, illustre les enjeux de la protection de l’image et de la voix des artistes.
Les protections déposées par McConaughey sont précises : sept secondes de vidéo le montrant sur un porche, trois secondes devant un sapin de Noël, et même une réplique culte du film Étourdi et confus, où il prononce trois fois le mot « D’accord » avec son intonation caractéristique. Selon le Wall Street Journal, ces huit marques distinctes visent à couvrir l’ensemble de son identité numérique.
Cependant, McConaughey se positionne comme un acteur proactif et non comme un opposant à l’IA. Il a même pris une participation dans la start-up ElevenLabs, qui a créé une version audio de sa voix avec son autorisation.
« Mon équipe et moi voulons savoir si, quand ma voix ou mon apparence est utilisée, j’ai approuvé et signé pour cela. Nous voulons créer un périmètre clair autour de la propriété, le consentement et l’attribution étant la norme dans un monde d’IA. »
Matthew McConaughey, acteur
Cette démarche pourrait bien ouvrir la voie à une nouvelle norme dans le domaine de la propriété intellectuelle, incitant d’autres acteurs à protéger leur image. La question de l’accès à cette protection pour les artistes moins établis reste toutefois ouverte. Un autre sujet de préoccupation croissant est l’utilisation de voix synthétiques issues de l’IA pour les doublages multilingues, comme le soulignait Franceinfo dans une récente enquête.