Hong Kong est en deuil après un incendie dévastateur qui a ravagé un immeuble résidentiel dans le quartier de Mong Kok, faisant craindre le pire pour de nombreux habitants portés disparus. Au-delà du bilan humain, la catastrophe a ravivé les tensions et les accusations concernant les normes de sécurité et la gestion de la crise par les autorités.
Les flammes, qui se sont déclarées le 26 novembre, ont consumé un immeuble vétuste, laissant derrière elles sept tours noircies et silencieuses. L’incendie est désormais maîtrisé, mais l’incertitude demeure quant au sort de ceux qui se trouvaient encore à l’intérieur au moment du sinistre. L’attente des nouvelles est insupportable pour les familles.
« Même s’ils sont morts, je veux juste le savoir », a déclaré M. Lau, dont les parents âgés résidaient au 27e étage de l’immeuble. Sa détresse est palpable. « Je veux demander à John Lee [le chef de l’exécutif de Hong Kong] qu’est-ce que vous faites réellement ? Vous ne faites que vous promener et tenir des conférences de presse. Et nous ? »
La colère monte, non seulement contre l’entreprise de construction en charge des rénovations, accusée de négligences et de coupes budgétaires, mais aussi contre le gouvernement, jugé laxiste en matière de sécurité. De nombreux habitants estiment que les autorités ont ignoré les avertissements concernant la surpopulation et d’autres problèmes structurels, préférant minimiser les risques.
« À chaque projet d’entretien d’un immeuble, il y a des critiques, mais ces critiques sont toujours étouffées », a témoigné un habitant du quartier, évoquant également des soupçons de corruption. Il s’inquiète notamment de l’attention excessive portée aux échafaudages en bambou, considérés comme un symbole culturel de Hong Kong, mais qui pourraient servir de distraction face à des défaillances plus graves.
Sur les lieux de la catastrophe, une ambiance particulière règne. Des bénévoles se sont mobilisés pour collecter des vêtements, des couvertures et d’autres fournitures, tandis que d’autres observent, le visage marqué par le choc et l’impuissance. Des tensions sont apparues entre les différents groupes de bénévoles, certains accusant des membres d’organisations proches du gouvernement de chercher à s’approprier le mérite de l’action.
La tragédie ravive également les souvenirs douloureux de la répression des mouvements pro-démocratie de 2019. Tout rassemblement de masse à Hong Kong est désormais perçu comme risqué, même pour rendre hommage aux victimes. Les ressentiments de cette époque semblent encore très présents.
L’incendie de Mong Kok est donc bien plus qu’une catastrophe humaine : il pourrait avoir des conséquences politiques importantes, mettant en lumière les failles d’un système et les frustrations d’une population.