La mise en place des cultures dans la province du Moyen-Chari s’est poursuivie pour la campagne actuelle, malgré une pluviométrie irrégulière. Ce fait témoigne de la résilience des agriculteurs locaux face à un démarrage de saison marqué par des retards de précipitations et des aléas climatiques.
L’agriculture dans le Moyen-Chari, zone stratégique pour la sécurité alimentaire du Tchad, fait face à un paradoxe climatique. Si les semailles ont été largement entamées, le calendrier agricole a été perturbé par des précipitations instables, forçant les producteurs à adapter leurs cycles de culture pour sauver la récolte.
L’impact du retard des pluies à Maïmana
Dans le village de Maïmana, situé à 35 kilomètres de Sarh, le démarrage de la saison agricole 2025-2026 a été marqué par des difficultés techniques liées au climat. Dakoula Benoit, chef du village et producteur majeur de la localité, a rapporté que le retard des premières pluies a compliqué l’installation des cultures.
Malgré ce départ laborieux, le bilan global reste jugé satisfaisant par les acteurs locaux.
Dégâts matériels et orages dans le département du Lac-Iro
L’instabilité pluviométrique ne s’est pas manifestée uniquement par des retards, mais aussi par une violence extrême lors de certains épisodes.
Ces événements soulignent la vulnérabilité des infrastructures rurales et des premières mises en place face à des phénomènes météorologiques soudains et intenses.
Une tendance régionale contrastée
La situation du Moyen-Chari s’inscrit dans un cadre national complexe. Les données historiques récentes du Programme Alimentaire Mondial (PAM) et du CILSS montrent que le Tchad alterne entre des zones de précipitations supérieures à la normale, notamment au Nord dans la zone sahélienne, et des conditions plus variables au Sud.
La mise en place des cultures dans le Moyen-Chari indique que les agriculteurs ont réussi à franchir l’étape critique du semis, mais la viabilité finale des récoltes dépendra de la régularité des pluies jusqu’à la fin du cycle. L’incertitude demeure quant à la capacité des sols à maintenir l’humidité nécessaire si les poches de sécheresse persistent.
L’attention se porte désormais sur la phase de croissance des cultures, où tout nouveau déficit pluviométrique pourrait réduire drastiquement le rendement final, malgré l’effort initial de mise en place.