Publié le 1er janvier 2026 à 11h40. De plus en plus d’Américains renoncent aux festivités traditionnelles du Nouvel An, préférant la tranquillité et le confort de leur foyer, un changement de comportement qui reflète une évolution des priorités générationnelles.
- Un nombre croissant de personnes choisissent de passer le réveillon du Nouvel An seules ou en petit comité, loin de l’agitation habituelle.
- Cette tendance est alimentée par un désir de bien-être, de santé et d’un rythme de vie plus apaisé.
- Des annulations de célébrations publiques dans des villes comme Paris et Tokyo contribuent également à cette préférence pour des réveillons plus discrets.
Alors que le compte à rebours approche, un mouvement silencieux gagne du terrain aux États-Unis : celui de ceux qui « fuient la fête ». Selon le New York Times, de nombreux New-Yorkais, qu’ils soient experts en relations publiques, propriétaires de bars ou artistes reconnus, redéfinissent leur approche du réveillon du Nouvel An.
Abigail Tufts, 36 ans, fondatrice d’une agence de relations publiques à New York, illustre ce changement. Habituellement présente dans les soirées mondaines, vêtue de ses plus belles robes, elle a opté cette année pour une soirée plus solitaire. Après une année particulièrement éprouvante sur les plans professionnel et personnel, elle a décidé de se rendre seule au théâtre pour regarder la finale de la saison 5 de la série Stranger Things.
« J’ai juste hâte d’éteindre mon téléphone. »
Abigail Tufts, fondatrice d’une agence de relations publiques
Mme Tufts ne souhaite ni faire le bilan de l’année écoulée, ni prendre de bonnes résolutions. Cette tendance à éviter les festivités du Nouvel An n’est pas nouvelle, mais elle semble s’amplifier. Michael Fragoso, un New-Yorkais de 35 ans, qualifie ces réveillons agités de « soirées amateur », préférant la discrétion ou des activités sans rapport.
Cette année, les annulations de célébrations publiques dans des villes comme Paris et Tokyo, pour des raisons de sécurité et autres, ont donné un coup de pouce à ce groupe de « fans discrets du réveillon du Nouvel An ». Alexandria Drake, une journaliste new-yorkaise de 24 ans spécialisée dans le style de vie et les voyages, passera pour la première fois le réveillon du Nouvel An à son domicile.
L’expérience de l’année précédente à East Hampton, avec un groupe d’amis, l’a stressée.
« Le simple fait de penser à quoi porter, où aller, qui embrasser me donne mal à la tête. »
Alexandria Drake, journaliste
Elle prévoit de passer la soirée seule, avec une bouteille de vin et un tableau de visualisation, considérant ce changement comme le reflet des nouvelles habitudes de sa génération.
« Nous ne cherchons plus à “jouer jusqu’à la fermeture du bar”, mais sommes plus disposés à dîner avec des amis, à boire deux verres de vin et à rentrer chez nous avant dix heures du soir. »
Alexandria Drake, journaliste
Robin Levine Shobin, 47 ans, propriétaire d’une cave et auteure, renonce même à établir sa traditionnelle liste de vœux pour la nouvelle année. Elle explique que les récents événements l’ont épuisée mentalement et physiquement, et que ses projets annuels ne se sont jamais déroulés comme prévu. Son seul projet pour 2026 est de « laisser la nature suivre son cours », en restant chez elle à New York avec son partenaire, en dégustant un bon vin et en commandant une pizza.
Philip Scheinfeld, 35 ans, qui organisait autrefois de grandes fêtes du Nouvel An, a également changé ses habitudes. Il constate que de nombreux amis arrêtent de boire et accordent plus d’importance à leur santé et à leur bien-être. Il pratique désormais l’exercice physique quotidiennement, prend des saunas et des bains de glace, mange sainement et consulte régulièrement un psychologue. Pour lui, la nouvelle année n’est plus une « opportunité de s’améliorer », mais simplement un jour ordinaire.
Doug Melville, 47 ans, consultant en stratégie commerciale new-yorkais, a passé les cinq dernières années à l’étranger, notamment au Sri Lanka, en Espagne et aux Fidji. Cette année, il a décidé de rester à la maison avec sa petite amie, invoquant des préoccupations économiques et un manque d’attrait pour les rassemblements.
Pour certains, comme Casey Fremont, 42 ans, directrice exécutive de l’Art Production Fund à Los Angeles, cette préférence pour un réveillon discret est une habitude de longue date. Elle n’a pas assisté à une soirée du Nouvel An depuis la vingtaine, trouvant l’événement trop « à la mode » et se sentant mal à l’aise de ne pas partager les expériences de ses amis sur les réseaux sociaux. Aujourd’hui, elle se dit heureuse d’être à la maison, au chaud dans son lit.
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