New Delhi, la capitale de l’Inde, se trouve plongée dans un épais brouillard toxique, affichant des niveaux de pollution atmosphérique qui dépassent de plus de 30 fois le seuil quotidien recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Cette situation critique survient alors que les autorités locales tentent sans grand succès, depuis des années, d’enrayer la chape de pollution qui enveloppe régulièrement cette mégapole de 30 millions d’habitants entre les mois de novembre et de janvier.
Durant cette période hivernale, les températures plus fraîches ont pour effet de maintenir les polluants à proximité directe du sol, rendant l’air particulièrement irrespirable dans l’une des capitales les plus polluées de la planète (Journal de Montréal).
Des restrictions renforcées face à l’urgence sanitaire
Face à cette récurrence alarmante, le bureau de la ministre en chef Rekha Gupta a indiqué dans un communiqué que le plan d’action hivernal était entré en vigueur, prévoyant des contrôles de pollution plus stricts, une application renforcée et une surveillance continue vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept. Les mesures décidées comprennent notamment un doublement des frais de stationnement ainsi que l’obligation du télétravail pour les secteurs public et privé, des dispositions adoptées pour limiter drastiquement les émissions polluantes liées au trafic routier (Le Courrier du Vietnam).

De surcroît, l’accès à la capitale est désormais interdit aux véhicules ne respectant pas les normes d’émission en vigueur, tandis que les activités de démolition et de construction en plein air générant de la poussière font l’objet d’une suspension immédiate (20 minutes). Auparavant, d’autres interdictions avaient été décrétées, telles que celle concernant le brûlage des déchets ou les restrictions imposées aux vendeurs ambulants de nourriture utilisant du charbon ou du bois comme combustible (Le Courrier du Vietnam).
Origines multiples et perspectives sombres pour Diwali
Les sources de cette pollution chronique sont multiples. Selon le ministère indien de l’Environnement, la circulation automobile est responsable de 23 % de la pollution hivernale, tandis que le brûlage de matières organiques en représente 20 % (L’Essentiel). L’industrie et les centrales électriques au charbon comptent pour environ 9 % du total (Journal de Montréal). Cependant, la part la plus importante, soit 27 %, provient de particules secondaires qui se forment directement dans l’atmosphère par réaction chimique entre les gaz rejetés par les véhicules, les usines, les centrales et la combustion de biomasse (20 minutes).

À cela s’ajoute l’impact des engrais massifs épandus dans les champs environnants. Comme le souligne Jacob Koshy, rédacteur scientifique et auteur, la quantité considérable d’ammoniac rejetée crée une couche de base avec laquelle d’autres polluants réagissent (L’Essentiel). La situation sanitaire demeure préoccupante : selon une étude publiée dans la revue The Lancet Planetary Health, la pollution atmosphérique serait à l’origine de 3,8 millions de décès en Inde entre 2009 et 2019 (Journal de Montréal).
Alors que la société suisse de surveillance IQAir a mesuré des concentrations de particules fines PM2,5 dépassant 461 microgrammes par mètre cube dans certains quartiers (20 minutes), les prochains jours s’annoncent particulièrement délicats en raison de Diwali, la fête hindoue des lumières. Malgré l’autorisation de la Cour suprême concernant l’utilisation encadrée de pétards « verts » censés réduire les émissions, ces restrictions sont fréquemment bravées par la population, faisant craindre une détérioration encore plus marquée de l’air ambiant (Journal de Montréal).