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Normalisation de la haine : Israël se penche sur la violence et la rhétorique anti-palestiniennes | Conflit israélo-palestinien Actualités

La trêve négociée par les États-Unis le 10 octobre n'a pas freiné la montée de la violence anti-palestinienne en Israël et en Cisjordanie occupée, tandis qu'un discours radical se renforce au sein même de la Knesset. L'absence de…

Normalisation de la haine : Israël se penche sur la violence et la rhétorique anti-palestiniennes | Conflit israélo-palestinien Actualités

La trêve négociée par les États-Unis le 10 octobre n’a pas freiné la montée de la violence anti-palestinienne en Israël et en Cisjordanie occupée, tandis qu’un discours radical se renforce au sein même de la Knesset. L’absence de condamnation internationale ferme face aux actions israéliennes semble encourager une escalade inquiétante, marquée par des appels à la peine de mort et la réhabilitation de figures d’extrême droite.

Cette semaine, Nissim Vaturi, vice-président de la Knesset et membre du parti Likud du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a suscité l’indignation en défendant ouvertement Meir Kahane, un extrémiste dont l’idéologie anti-arabe a été jugée si virulente qu’il a été banni du Parlement israélien et que son mouvement, Kach, a été classé comme organisation terroriste par les États-Unis en 1988. Interrogé sur son soutien au « terrorisme juif », Vaturi a répondu : « Je le soutiens. Croyez-moi, Kahane avait raison à bien des égards là où nous avions tort, là où le peuple d’Israël avait tort. »

Parallèlement, la Knesset examine l’introduction de la peine de mort, avec un élargissement des motifs justifiant son application, ciblant explicitement les Palestiniens. Le projet de loi, porté par le ministre ultranationaliste de la Sécurité nationale Itamar Ben-Gvir – lui-même condamné pour son soutien à Kahane – prévoit l’exécution de toute personne reconnue coupable du meurtre d’Israéliens pour des motifs « racistes » et dans le but de « nuire à l’État d’Israël et à la renaissance du peuple juif sur sa terre ». Le texte a franchi une première étape cette semaine.

L’analyste et ancien négociateur de paix israélien Daniel Levy souligne que « l’absence de toute tentative de faire valoir les responsabilités de l’extérieur, de la part des alliés d’Israël, se répercute au sein même de la Knesset israélienne ». Il ajoute : « Il n’a aucun sens qu’Israël ait fait quoi que ce soit de mal ou que quiconque doive rendre des comptes. »

Cette impunité perçue se traduit également par une intensification de la violence sur le terrain. En Cisjordanie, le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA) a recensé 264 attaques contre des Palestiniens au cours du mois suivant l’annonce de la trêve – soit une moyenne de huit attaques par jour, un niveau jamais atteint depuis que l’agence a commencé à collecter ces données en 2006.

Des incidents alarmants se sont également produits à l’intérieur d’Israël. Mardi, une réunion organisée par Ayman Odeh, un membre palestinien de la Knesset, a été encerclée et attaquée par des manifestants de droite à Pardes Hanna, près de Haïfa. Les manifestants ont scandé des slogans hostiles, dont « Terroriste ! Terroriste ! » et « Que votre village brûle », tandis que la police observait. Lundi, devant la Cour suprême israélienne, deux soldats accusés de violences sur un prisonnier palestinien ont été accueillis par des applaudissements et des chants de soutien.

« Ils n’encouragent pas les violeurs, ils applaudissent cette idée selon laquelle plus rien n’a d’importance », déplore Ori Goldberg, politologue basé près de Tel Aviv. « Le génocide dévalorise tout. Une fois que vous avez perpétré un génocide, plus rien n’a de conséquence. Pas la vie de ceux que vous avez tués et, par extension, pas la vôtre. »

Orly Noy, rédactrice en chef du journal en hébreu Local Call, estime qu’« Israël a construit cette énergie au cours de deux années de génocide. Cela n’a mené nulle part. Ce n’est pas parce qu’il y a un cessez-le-feu et que les otages sont de retour que le racisme, la suprématie et la violence non masquée ont disparu. Nous assistons quotidiennement à des pogroms de soldats et de colons en Cisjordanie. Il est devenu dangereux de parler arabe, pas seulement en 1948, mais n’importe où. »

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.