Publié le 11 novembre 2025 à 12h34. Le Premier ministre croate Andrej Plenković a critiqué Viktor Orbán, accusant le dirigeant hongrois de propager de fausses informations pour justifier une exemption des sanctions européennes sur le pétrole russe, tout en soulignant que la Hongrie a d’autres options d’approvisionnement.
- La Croatie, via la société JANAF, est capable de fournir à la Hongrie et à la Slovaquie l’intégralité du pétrole dont elles ont besoin, sans dépendre du pétrole russe.
- Viktor Orbán a obtenu une exemption des sanctions sur le pétrole russe lors d’une récente visite aux États-Unis, en invoquant un prétendu enclavement de la Hongrie.
- Cette exemption s’accompagne d’un accord commercial conséquent avec les États-Unis, incluant l’achat de gaz naturel liquéfié et de technologies nucléaires pour un montant total de plusieurs milliards de dollars.
Selon le Premier ministre croate Andrej Plenković, la Hongrie dispose de toutes les capacités nécessaires pour s’approvisionner en pétrole sans recourir au pétrole russe. Il a affirmé que la société croate JANAF est en mesure de livrer les quantités requises aux raffineries hongroises, notamment à Százhalombatta, et de les acheminer ensuite vers Bratislava.
« JANAF a la capacité de livrer tout le pétrole nécessaire aux raffineries de Hongrie. En Hongrie, c’est-à-dire à Százhalombatta, et ensuite à Bratislava. Nous avons une capacité plus que suffisante »,
Andrej Plenković, Premier ministre croate
Plenković a dénoncé ce qu’il considère comme un « faux récit » avancé par Viktor Orbán pour justifier l’obtention d’une exemption des sanctions européennes sur le pétrole russe. Il a souligné que la Hongrie bénéficie d’une dérogation, même si elle a la possibilité de s’approvisionner en pétrole provenant d’autres sources, en se basant sur l’argument fallacieux de son enclavement et de l’absence d’autres oléoducs. Cette critique intervient après la visite du Premier ministre hongrois aux États-Unis, où il a obtenu cette exemption.
« La Hongrie bénéficie d’une exemption pour continuer à recevoir du pétrole russe, même si elle peut recevoir du pétrole non russe. Une exemption basée sur une rumeur selon laquelle la Hongrie est enclavée et ne possède pas d’autres oléoducs »,
Andrej Plenković, Premier ministre croate
L’agence Bloomberg souligne que la visite d’Orbán à Washington, bien que présentée comme un succès, pourrait s’avérer coûteuse pour la Hongrie. Selon l’agence, le président américain Donald Trump en a tiré davantage d’avantages que le Premier ministre hongrois.
Outre l’exemption sur le pétrole, la Hongrie a également obtenu le droit de continuer à acheter du gaz russe via le gazoduc TurkStream, qui traverse les Balkans, pour une durée d’un an. De plus, elle a reçu une promesse de soutien financier de la banque centrale américaine en cas de crise future, ce qui renforcerait la sécurité financière du pays. Orbán a présenté cette promesse comme une garantie américaine de protection de la stabilité économique hongroise en cas d’attaque extérieure contre son système financier.
Cependant, Bloomberg révèle que l’accord conclu avec les États-Unis implique des achats importants de la part de la Hongrie. Budapest s’est engagée à acquérir du gaz naturel liquéfié américain pour une valeur de 600 millions de dollars (environ 12,6 milliards de couronnes tchèques), des barres de combustible pour sa centrale nucléaire de Paks pour 114 millions de dollars (près de 2,4 milliards de couronnes tchèques), et des technologies américaines pour le stockage à court terme du combustible nucléaire usé pour 200 millions de dollars (environ 4,2 milliards de couronnes tchèques). L’élément le plus significatif de l’accord est peut-être l’engagement d’acheter jusqu’à dix petits réacteurs nucléaires modulaires américains pour un montant total de 20 milliards de dollars (environ 420 milliards de couronnes tchèques).
Par ailleurs, l’agence Bloomberg note que le renouvellement du traité de double imposition entre les États-Unis et la Hongrie, annulé en 2022, n’a pas été possible. De plus, selon des sources au sein de l’administration américaine, aucune nouvelle date n’a été fixée pour le sommet annulé entre Donald Trump et Vladimir Poutine, qui aurait pu se tenir à Budapest. Plus d’informations sur la visite d’Orbán aux États-Unis sont disponibles ici.
La situation autour de l’approvisionnement énergétique de la Hongrie et de ses relations avec la Russie et les États-Unis reste donc complexe et sujette à évolution. Des tensions récentes avec la société de transport croate JANAF illustrent les défis logistiques et géopolitiques auxquels la région est confrontée.